Commerce : Donald Trump croit à un accord, la Chine en doute

Commerce : Donald Trump croit à un accord, la Chine en doute©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 10 octobre 2019 à 00h30

Les chances sont "grandes" de voir les Etats-Unis et la Chine sceller un accord commercial, a déclaré Donald Trump, à la veille de la reprise, ce jeudi, des négociations à haut niveau, interrompues depuis près de deux mois.

Après 18 mois de discussions en pointillés, ponctués d'espoirs et de ruptures, ainsi que d'une escalade de droits de douanes de part et d'autre, un accord commercial serait-il enfin à portée de main entre les Etats-Unis et la Chine ?

Interrompues depuis près de deux mois, les négociations vont ainsi reprendre ce jeudi à haut niveau à Washington, où est attendue une délégation menée par le vice-Premier ministre chinois Liu He. Mercredi soir, le président américain Donald Trump s'est en tout cas montré particulièrement optimiste, déclarant à la presse que "si nous pouvons faire un accord, nous ferons un accord, il y a vraiment de grandes chances".

"A mon avis, la Chine veut un accord encore plus que je ne le veux", a ajouté le président américain.

"Aucun progrès" dans les discussions, selon la presse chinoise

Toutefois, dans la nuit de mercredi à jeudi, les informations en provenance de Pékin étaient nettement moins positives. Selon le journal 'China Morning Post', les discussion préparatoires menées cette semaine pour poser les jalons des négociations n'ont permis de faire aucun progrès sur des questions cruciales. La Chine aurait notamment refusé les exigences de Washington en matière de transfert de technologie.

Le journal ajoute que la durée des négociations à haut niveau a été réduite à la seule journée de jeudi, alors qu'elles étaient initialement prévues pour durer deux jours.

Après ces informations, les "futures" se sont orientés en baisse à la Bourse de New York, signalant une probable ouverture de Wall Street en baisse ce jeudi.

Un accord partiel en échange d'une annulation des prochaines hausses de taxes ?

Mercredi, des sources concordantes affirmaient cependant que la Chine était désireuse de parvenir à un accord partiel, afin de stopper la dégradation de son économie. Un tel accord, même a minima, serait de nature à rassurer les marchés financiers s'il mettait fin à l'escalade des droits de douane entre les deux pays.

Ainsi, en cas d'échec de cette nouvelle série de pourparlers, qui commence jeudi, Washington a prévu de relever dès le 15 octobre les taxes sur l'importation de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises, puis d'instaurer des droits de douane sur la totalité des biens chinois importés en décembre.

Si Washington renonçait à ces nouvelles taxes, Pékin serait prêt à des concessions, notamment sous la forme d'achats de produits agricoles américains, selon des sources citées par le 'Financial Times'. La Chine ne serait cependant pas disposée à avancer sur des dossiers plus fondamentaux, pourtant chers à Washington, à commencer par une réforme de la politique industrielle chinoise, ainsi que la question des subventions d'Etat.

Les Bourses en hausse dans l'espoir d'un accord

Malgré les déclarations encourageantes de Donald Trump, il reste à confirmer que Washington se satisfera d'un accord partiel. La semaine dernière, le président lui-même avait affirmé qu'il voulait un accord complet, ou pas d'accord du tout.

Certaines sources estimaient cependant que Pékin pourrait obtenir gain de cause, le président Trump ayant lui aussi besoin d'un accord, même intérimaire, pour redorer son blason au moment où il fait face à une procédure de destitution de la part des démocrates du Congrès.

Les places financières mondiales ont progressé mercredi dans l'espoir d'un accord : à Wall Street, le Dow Jones a fini en hausse de 0,7% et le Nasdaq a grimpé de 1,02%, tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 a gagné 0,85% et que le CAC 40 a progressé de 0,78% à Paris.

Washington sanctionne les "technos" chinoises impliquées dans la répression eu Xinjiang

Mardi, Washington avait choisi d'accroître la pression sur la Chine, en plaçant sur sa liste noire 28 entités chinoises, dont 8 sociétés technologiques, invoquant la répression menée par le régime chinois contre les Ouïghours, un peuple musulman turcophone vivant dans la province du Xinjiang.

En complément, les Etats-Unis ont annoncé mardi des "restrictions" dans l'octroi de visas américains à des responsables du gouvernement et du Parti communiste chinois accusés d'être "responsables" d'une "campagne de répression" au Xinjiang.

Selon des sources citées par 'Bloomberg', la Maison Blanche serait en outre préparée à restreindre les investissements des fonds de pension américains dans des entreprises chinoises. Ce projet avait été dévoilé la semaine dernière par la presse, qui évoquait en outre une possible interdiction pour les sociétés chinoises d'être cotées sur les Bourses américaines. Ce dernier volet a toutefois été démenti par l'administration Trump.

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