Commerce : Donald Trump taxe la Chine, mais exempte l'Europe !

Commerce : Donald Trump taxe la Chine, mais exempte l'Europe !©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 22 mars 2018 à 21h27

Donald Trump souffle le chaud et le froid en brandissant ses menaces de sanctions commerciales comme moyen de pression sur ses partenaires commerciaux. Le président américain a ainsi signé jeudi à la Maison Blanche un décret prévoyant de taxer jusqu'à 60 milliards de dollars de marchandises chinoises importées aux Etats-Unis. En outre, Washington va imposer des restrictions à la Chine en matière d'acquisitions et de transferts de technologie.

Dans le même temps, à l'issue de deux semaines d'âpres négociations, Washington a fait savoir que l'Union européenne serait de son côté exemptée, "pour le moment", des taxes sur l'acier et l'aluminium que Donald Trump avait annoncées le 9 mars dernier. Le Canada et le Mexique sont eux aussi exemptés de ces taxes, en attendant la conclusion de la renégociation de l'accord de libre échange nord-américain (Nafta) que Donald Trump entend rééquilibrer en faveur des Etats-Unis.

L'excédent commercial de la Chine "hors de contrôle"

L'arme des sanctions commerciales semble donc désormais menacer en priorité la Chine, dont l'excédent commercial avec les Etats-Unis est "hors de contrôle", a dénoncé jeudi Donald Trump. Le président américain a estimé que l'idée de taxer les produits chinois "couvait depuis longtemps" et a donné le chiffre de 60 Mds$ de marchandises taxées alors que son administration avait évoqué le chiffre de 50 Mds$ quelques heures plus tôt.

"Nous avons perdu sur une période relativement courte 60.000 usines en raison des déséquilibres commerciaux", a ajouté Trump. Son secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a indiqué qu'il pensait que les annonces américaines "conduiront a des négociations, et non à des batailles" entre Washington et Pékin.

Trump félicité par le sénateur démocrate Chuck Schumer

Contre toute attente, Donald Trump a reçu les félicitations d'un responsable démocrate, le sénateur Chuck Schumer. Ce dernier, pourtant opposé à Trump sur la plupart des autres sujets, a estimé que sur la question du commerce chinois, le président républicain avait "tout à fait raison". M. Schumer s'est dit "très heureux que cette administration prenne des mesures fortes pour obtenir un meilleur "deal" avec la Chine".

Au moment même où les Etats-Unis durcissent le ton vis-à-vis de Pékin, l'administration Trump a au contraire réduit la pression sur les autres pays, qui avaient été menacés le 9 mars de subir de lourdes taxes sur leurs exportations d'acier (25%) et d'aluminium (10%) vers les Etats-Unis.

Les menaces pesant sur l'acier européen s'éloignent

Le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer a ainsi indiqué jeudi que l'Union européenne et plusieurs autres pays vont être pour le moment exemptés de ces taxes promulguées par l'administration Trump.

Interrogé sur les exemptions, lors d'une audition devant le Congrès américain, Robert Lighthizer a répondu: "nous avons les deux pays de l'Alena (Nafta) et nous savons qui ils sont (Canada et Mexique, ndlr). Nous avons l'Europe. Nous avons l'Australie, nous avons l'Argentine et le Brésil et qui j'oublie, évidemment la Corée du sud avec laquelle nous sommes en négociations".

Plusieurs responsables européens se sont rendus à Washington ces derniers jours, dont la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström, pour demander à ce que l'Union européenne soit exemptée.

Les marchés financiers plombés par les risques de guerre commerciale

Il reste que les craintes de guerre commerciale avec la Chine continuent d'inquiéter les marchés financiers. Les Bourses mondiales étaient en nette baisse jeudi, les investisseurs s'inquiétant d'une situation instable où l'activité des entreprises pourrait être affectée négativement par des mesures de rétorsions de part et d'autre, en cas de déclenchement de véritables hostilités entre Washington et Pékin.

A Wall Street, les indices boursiers ont plongé de 2,5% à 3% jeudi à la clôture (-2,93% pour le Dow Jones, -2,43% pour le Nasdaq). Les investisseurs ont opté pour des valeurs-refuges, à commencer par les obligations d'Etat américaine (T-bonds) dont les cours ont progressé, faisant reculer les taux (qui évoluent en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans chutait ainsi de 6 points de base (centièmes de point) pour revenir à 2,83% jeudi soir. L'or progressait de 0,44% à 1.333,10$ l'once, pour le contrat à terme de juin coté sur le Comex de Chicago.

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