Commerce USA-Chine: l'impasse persiste à l'issue de pourparlers à Pékin

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Les drapeaux chinois et américains
Les drapeaux chinois et américains
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AFP, publié le samedi 05 mai 2018 à 05h11

Deux jours de négociations menées à Pékin par une délégation américaine de haut rang n'ont pas permis de débloquer l'important contentieux commercial entre les Etats-Unis et la Chine, moins de trois semaines avant la mise en oeuvre attendue de droits de douane punitifs par Washington.

"La délégation a eu des discussions franches avec les responsables chinois sur le rééquilibrage des relations économiques bilatérales Etats-Unis/Chine, sur l'amélioration de la protection de la propriété intellectuelle et sur l'identification des politiques qui conduisent de manière déloyale au transfert des technologies", a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

La délégation est, à présent, sur le chemin du retour vers Washington où elle briefera Donald Trump en vue de décisions à venir, a-t-elle ajouté.

"Nous allons nous rencontrer demain (samedi, ndlr) pour déterminer les résultats, mais c'est difficile pour la Chine dans le sens où ils sont devenus très gâtés avec des victoires sur le commerce américain!", a tweeté vendredi soir M. Trump.

Dénonçant le colossal déficit des Etats-Unis avec la Chine, le président américain avait missionné le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin pour mener des tractations avec le régime communiste et tenter d'éviter une guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales.

L'étau se resserre alors que la Chine est sous la menace, qui pourrait se concrétiser dès le 22 mai, de droits de douane sur quelque 50 milliards de dollars de produits exportés vers les Etats-Unis. Et Pékin s'est déjà dit prêt à répliquer avec des taxes sur 50 milliards de dollars de produits américains importés (soja, automobiles, boeuf...).

Or, après les pourparlers, "les deux parties ont reconnu qu'il subsistait des différends assez importants sur certains problèmes", a laconiquement rapporté l'agence étatique Chine nouvelle.

Il est vrai que les Américains avaient placé la barre très haut, selon la liste détaillée d'exigences transmise aux responsables chinois et dont l'agence Bloomberg a rapporté le contenu.

- 200 milliards -

Dans ce document, présenté comme un point de départ des négociations, l'administration Trump exige une réduction d'"au moins" 200 milliards de dollars d'ici fin 2020 du déficit des échanges annuels avec la Chine (375 milliards de dollars en 2017, selon les chiffres américains) contre un objectif de 100 milliards précédemment annoncé.

Elle demanderait également que les droits de douane chinois soient ramenés au niveau des droits imposés par les Etats-Unis ainsi que la levée des restrictions visant les investissements américains.

Autres exigences: l'interruption des subventions étatiques à certains secteurs industriels stratégiques ; la fin des transferts de technologies imposés aux firmes américaines et une protections renforcée des droits de propriété intellectuelle... autant de tableaux sur lesquels joue Pékin, selon Washington, pour favoriser ses entreprises et fausser la concurrence.

En revanche, les Américains demanderaient au régime communiste de "ne pas s'opposer ni répliquer" à l'imposition par les Etats-Unis de restrictions bloquant l'accès de la Chine à des technologies américaines jugées "critiques".

Des conditions difficilement acceptables en l'état pour le géant asiatique, qui, selon Bloomberg, aurait précisément réclamé "un traitement équitable" des firmes technologiques chinoises aux Etats-Unis.

La délégation américaine, qui comprenait aussi le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, le représentant au Commerce Robert Lighthizer, le conseiller économique du président Larry Kudlow et celui pour le commerce Peter Navarro, s'est entretenue avec le vice-Premier ministre chinois Liu He, un proche du président Xi Jinping et grand orchestrateur de la politique économique chinoise.

"Ils ont eu des discussions franches, efficaces et constructives", et les deux pays "ont convenu de rester en étroite communication" via "un mécanisme de travail", a noté Chine nouvelle.

Pour autant, les deux parties ne sont parvenues qu'"à quelques consensus sur certains sujets", selon l'agence étatique.

De façon générale, les médias chinois sont restés éminemment discrets sur la visite de la délégation américaine, l'événement du jour étant l'hommage rendu par le président Xi Jinping à Karl Marx pour le bicentenaire de sa naissance.

Avant ce voyage, Washington avait salué d'apparents gestes de bonne volonté de la part de Pékin, Xi Jinping ayant promis début avril "une nouvelle phase d'ouverture" économique et un accès accru à moyen terme aux secteurs financier et automobile pour les investisseurs étrangers.

Les Chinois "sont perplexes", voyant les Américains intensifier leur pression alors même qu'ils engagent des réformes et qu'ils veulent enrayer leur dépendance aux technologies américaines, observe Zhang Monan, chercheur de l'influent Centre chinois pour les échanges économiques internationaux.

Les ambitieux objectifs de Pékin pour créer des champions technologiques à horizon 2025 compliquent encore la donne, ce plan ayant été qualifié d'"effrayant" par Wilbur Ross, qui dénonce des vols de propriété intellectuelle et les dépenses massives de l'Etat.

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