Congrès CFDT: Laurent Berger remobilise les troupes et répond aux critiques

Congrès CFDT: Laurent Berger remobilise les troupes et répond aux critiques
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, le 25 juillet 2017 à Matignon

AFP, publié le lundi 04 juin 2018 à 18h11

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a réaffirmé lundi le positionnement "réformiste" et "pragmatique" du syndicat, au premier jour de son 49e congrès à Rennes, préférant regarder "le verre à moitié plein" des victoires obtenues.

"Pour la première fois depuis la création du syndicalisme en France en 1895 (...) nous sommes le premier syndicat dans le secteur privé. Soyons fiers !", a déclaré M. Berger devant quelque 2.300 délégués et militants. 

Refusant d'avoir "la victoire modeste", le patron de la CFDT, qui brigue un troisième mandat, a préféré se concentrer sur "le verre à moitié plein". Parmi les victoires obtenues, il a cité la complémentaire santé obligatoire ou le compte personnel de formation, même s'il a reconnu des "limites" et des "insuffisances". 

"Les solutions ne viendront jamais d'un homme ou d'une femme providentielle mais de l'intelligence collective", a insisté M. Berger, renvoyant dos à dos un patronat "ringard bloqué au XXe siècle" et un gouvernement qui entretient cette "toute petite musique lancinante de défiance à l'égard des syndicats".

"On dit de notre syndicalisme qu'il est pragmatique (...) Mais notre ambition n'en est pas moins radicale: il s'agit de transformer ce réel, autrement dit de changer le travail pour changer la société", a expliqué Laurent Berger. "La CFDT ne veut pas troquer la recherche d'avancées concrètes pour les travailleurs contre le fantasme d'une déstabilisation du pouvoir démocratique. C'est bien pour cette raison que la CFDT a rejeté toute convergence des luttes", a-t-il encore souligné. 

En butte à une grogne de militants qui auraient souhaité le voir endosser une ligne plus dure à l'égard des ordonnances réformant le droit du travail à l'automne, Laurent Berger a répondu aux critiques, reconnaissant qu'il était "parfois difficile d'être syndicaliste à la CFDT". 

"Nous n'étions pas déçus mais en colère", face aux ordonnances, a déclaré Christine Jacq, rappelant, sous des applaudissements, que son syndicat (santé-sociaux du Finistère) avait manifesté en septembre au côté de la CGT.

Guillaume Danard (CFDT Protection sociale Bretagne) a insisté sur "les effets néfastes des ordonnances", en particulier la fusion "insupportable" des instances représentatives du personnel, vu comme "un recul important".

"A la suite des ordonnances Macron, nous allons avoir beaucoup de difficulté à maintenir des militants dans nos structures syndicales", a de son côté regretté Philippe Lengrand (CFDT Ile-de-France).

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