Contenus haineux : Facebook refuse toujours de changer de politique, le boycott s'amplifie

Contenus haineux : Facebook refuse toujours de changer de politique, le boycott s'amplifie
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Boursier.com, publié le mercredi 08 juillet 2020 à 12h09

Près de 1.000 entreprises ont décidé de suspendre leurs achats de publicités sur Facebook, accusé de ne pas lutter suffisamment contre les contenus qui promeuvent le racisme, la discrimination et la haine...

La colère monte d'un cran... Les associations à l'origine de la vaste campagne de boycott publicitaire à l'encontre de Facebook ont fait part de leur déception à la suite d'une réunion en visioconférence avec le fondateur et PDG Mark Zuckerberg et sa numéro deux Sheryl Sandberg. Pour rappel, le géant des réseaux sociaux est accusé de ne pas lutter suffisamment contre les contenus qui promeuvent le racisme, la discrimination et la haine...

"Au lieu de s'engager sur un programme pour lutter contre la haine et la désinformation sur Facebook, les dirigeants de la société ont livré les mêmes vieux discours pour essayer de nous apaiser sans répondre à nos demandes", a tweeté mardi Jessica Gonzalez, co-présidente de l'association Free Press à la suite de la réunion.

"Il était clair que, pour nos représentants de la campagne 'Stop Hate For Profit' qui ont assisté à la réunion avec Facebook, il n'y avait aucune intention de prendre des mesures réelles", a également estimé Sleeping Giants, collectif de militants luttant contre le financement des discours de haine sur internet et dans les médias.

Le boycott déjà suivi par près de 1.000 entreprises

Les associations ont prévu de poursuivre la campagne "Stop Hate For Profit", tant que Facebook ne prendra pas "au sérieux" leurs demandes, alors que le boycott est déjà suivi par près de 1.000 entreprises. Parmi elles, Adidas, Puma, Levis, Coca-Cola, Starbucks, Ford ou encore Unilever (Lipton, Magnum, Dove...) ont décidé de suspendre leurs achats de publicités sur le réseau social, qui compte environ 1,7 milliard d'utilisateurs quotidiens.

La campagne "Stop Hate For Profit" avait été lancée par la Ligue antidiffamation (ADL), l'Association nationale pour l'avancement des personnes de couleur (NAACP) et d'autres groupes de défense des droits, sur fond de manifestations contre le racisme et les violences policières aux Etats-Unis...

Mea culpa de Sheryl Sanberg ?

Sur sa page Facebook, quelques heures avant le début de la réunion avec les associations, Sheryl Sandberg a convenu que "Facebook doit faire mieux pour repérer et retirer les contenus haineux". "Être une plate-forme où tout le monde peut faire entendre sa voix est au coeur de notre mission, mais cela ne signifie pas qu'il soit acceptable que des gens s'en servent pour propager la haine".

Malgré ce texte qui peut s'apparenter à un mea culpa, les associations estiment que la situation est bloquée du côté de Facebook. Dans un communiqué, Free Press rappelle que les associations réclament notamment "un poste de référent sur les droits civiques" chez Facebook, "des audits", la création d'"équipes d'experts du harcèlement en ligne" ou encore le retrait de tous les groupes publics ou privés qui traitent "de suprématie blanche, d'antisémitisme, de théories du complot violentes, de négationnisme...

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