Coronavirus : 92 grands patrons français militent pour une relance "verte"

Coronavirus : 92 grands patrons français militent pour une relance "verte"©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 04 mai 2020 à 16h32

Dans une tribune publiée par 'Le Monde', près d'une centaine de grands patrons ont appelé à une mobilisation collective pour faire de la relance un accélérateur de la transition écologique.

Plus de 90 grands patrons, dont ceux de LVMH, Danone, Société Générale, EDF, Saint Gobain ou encore Air France-KLM souhaitent "mettre l'environnement au coeur de la relance économique". Dans une tribune publiée par 'Le Monde', ces entreprises, membres de l'association Entreprises pour l'environnement (EPE), ont appelé à une mobilisation collective pour faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique. Une initiative lancée par Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, à laquelle se sont joints l'Association française des entreprises privées (Afep) et le Medef.

"Nous croyons qu'il est aujourd'hui possible de faire de ces moyens financiers un accélérateur d'une relance verte et inclusive. Les plans de relance à venir constituent autant d'occasions pour que les investissements nécessaires confortent les trajectoires de transformation", ont-ils écrit.

"Une large part des moyens financiers qui seront prochainement mobilisés pour la relance économique aurait tout intérêt à l'être dans les directions qui avaient été précédemment identifiées pour accompagner la transition écologique, avec un souci encore plus affirmé de la justice sociale", ont estimé les dirigeants d'entreprises, tout en saluant "les décisions rapides et massives prises par le gouvernement français".

"Développement d'une économie plus circulaire"

Les grands patrons plaident pour "rendre nos outils industriels en Europe plus résilients" avec "le développement d'une économie plus circulaire" et affirment soutenir le Pacte vert européen visant la neutralité carbone d'ici à 2050.

Selon eux il faut, "à court et moyen terme", soutenir "la rénovation énergétique des logements et bâtiments", "le développement de mobilités décarbonées", "l'expansion et le stockage des énergies renouvelables et décarbonées".

La relance doit également viser le long terme : "le traitement de la crise doit se prolonger par une mobilisation de l'intelligence collective sur le monde d'après cette pandémie, avec des transformations plus profondes à envisager dans nos façons de produire et nos modèles d'affaires, des changements de comportements de consommation et de modes de vie".

Les ONG pas convaincues

Mais cet engagement ne convainc pas plusieurs ONG, dont Greenpeace qui dénonce un revirement dans la cause climatique pour certains des signataires. "Parmi les signataires qui font mine d'avoir enfin vu la lumière : LVMH, InVivo, Air France, Vallourec, BNP Paribas, ArcelorMittal, Saint Gobain, Danone, Airbus, BASF, Total, le Medef... On rit jaune", a tweeté l'organisation.

Pour rappel, alors qu'un plan de relance est attendu en septembre ou octobre, le gouvernement a adopté un plan d'urgence de 110 milliards d'euros pour soutenir l'économie française, dont 20 milliards d'euros pour recapitaliser des entreprises stratégiques en difficulté, telles qu'Air France. La compagnie aérienne a obtenu 7 milliards de prêts directs ou bancaires garantis, tandis que Renault bénéficie d'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards, comme l'avait indiqué Bruno Le Maire fin avril sur 'TF1'.

Mais pour le ministre de l'Economie, ce soutien "n'est pas un chèque en blanc". Pour Air France notamment, "nous avons fixé des conditions de rentabilité et des conditions écologiques", avait-il expliqué. "Air France doit devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l'environnement de la planète. C'est la condition à laquelle je suis le plus attaché", avait assuré Bruno Le Maire.

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