Coronavirus : colère des restaurateurs, qui se disent "à bout"

Coronavirus : colère des restaurateurs, qui se disent "à bout"©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 27 novembre 2020 à 10h45

Plus de quinze grands noms de la gastronomie française et des centaines de restaurateurs signent également une tribune adressée à Emmanuel Macron, face au silence de l'exécutif.

Les petits commerces vont pouvoir reprendre leur activité à partir de samedi, mais pour l'hôtellerie, les restaurateurs, les patrons de bar et de discothèque, il faudra encore patienter jusqu'au 20 janvier au moins, selon l'évolution de l'épidémie de coronavirus en France. Estimant être traités comme des "pestiférés", les intéressés ont manifesté jeudi à Marseille, à l'appel de l'Union des métiers des industries de l'hôtellerie (Umih).

Dans le 'Figaro' vendredi, plus de quinze grands noms de la gastronomie française et des centaines de restaurateurs regroupés dans deux collectifs signent également une tribune adressée à Emmanuel Macron, expliquant être "à bout".

"C'est épuisant"

"Monsieur le Président de la République, nous représentons des milliers de restaurants, d'hôtels, de traiteurs. Nous travaillons chaque jour avec plus de vingt corps de métiers. Nous salarions directement plus d'un million de personnes. Nous sommes le sixième employeur privé de France - le premier si nous prenons en compte également les emplois indirects. Rares sont les Français qui, dans leur famille, n'ont pas un des leurs qui vive directement ou indirectement de l'activité économique que nous générons. Nous produisons, à nous seuls, 10 % du PIB de notre pays", écrivent-ils.

"On ne voit pas l'issue de nos fermetures et c'est épuisant. Il faut nous laisser travailler, c'est une demande que nous avons depuis toujours. Dans les restaurants de qualité, les protocoles sont là", a expliqué un des signataires, le chef Yannick Alléno, sur franceinfo vendredi matin. "Nous avons eu les prêts garantis par l'Etat mais c'est une dette qu'il va falloir que l'on rembourse. Les trésoreries ont toute fondu avec le chômage partiel. Moi j'ai plus de 1.500 journées de congés à payer à mes salariés", a-t-il poursuivi.

Coup de pouce

Toutes les entreprises fermées administrativement jusqu'au 20 janvier vont pouvoir, quelle que soit leur taille, demander une aide équivalente à 20% de leur chiffre d'affaires par rapport à l'an passé sur le mois décembre. Cette mesure, qui s'adresse en priorité à l'hôtellerie, aux restaurateurs, aux patrons de bar et de discothèque, est censée compléter un vide du fonds de solidarité renforcé, pour l'instant ouvert aux seules entreprises de moins de 50 salariés pour les pertes de novembre, à hauteur de 10.000 euros.

"Pour l'instant, il y a un plafond fixé à 100.000 euros" pour la nouvelle aide, a précisé Alain Griset, le ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises, vendredi au micro d'Europe 1 vendredi matin. "Mais on s'adapte", a-t-il également glissé, laissant entendre que ce seuil pourrait être revu à la hausse. "Hier, on nous a dit qu'il y avait encore quelques cas qui n'étaient pas traités. Nous allons les regarder", promet Alain Griset, "mais il est évident que ce plafond couvre 90 à 95% des professionnels", veut-il souligner.

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