Coronavirus : des risques de "clusters" dans les TGV ?

Coronavirus : des risques de "clusters" dans les TGV ?
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Orange avec Boursier.com, publié le vendredi 04 juin 2021 à 19h15

Un rapport adressé à la direction de la SNCF en mai par l'Inspection du travail sème le trouble.

Un rapport adressé à la direction de la SNCF en mai par l'Inspection du travail sème le trouble.

Les voyageurs qui prennent le train risquent-ils davantage d'attraper le coronavirus ? Un rapport de l'Inspection du travail dévoilé par le site Mediapart livre des conclusions inquiétantes, montrant "un risque d'exposition des agents à bord (et des clients) au virus Sars-CoV-2 en l'absence de mesures effectives permettant le respect des gestes barrières ainsi que d'assurer un renouvellement de l'air efficace".

Le document a été réalisé après le dépôt d'un droit d'alerte des élus SUD Rail au Comité social et économique (CSE) de l'entreprise au mois d'avril. Selon Mediapart, ces derniers avaient constaté des niveaux de CO2 indiquant un faible renouvellement de l'air à bord des trains.

Contrôle des niveaux de CO2

Des agents de l'Inspection du travail ont donc été missionnés pour contrôler le niveau de CO2 dans l'air dans un train circulant le 12 mai 2021 sur la ligne à grande vitesse Lyon-Montpellier. Leurs appareils, installés dans deux voitures différentes d'une même rame, ont calculé la concentration de dioxyde de carbone dans l'air durant le trajet... et montré que le renouvellement de l'air n'était pas suffisant. Et Mediapart enfonce le clou, en affirmant que l'air neuf ne constitue que 40% de l'air respiré dans les TGV", les 60% restants étant de l'air recyclé.

La SNCF s'est défendue auprès du site : elle applique "la réglementation en vigueur dans le transport ferroviaire", qui n'a pas évolué avec la crise sanitaire. Celle-ci fixe le niveau maximum de CO2 dans l'air à 5.000 ppm. La compagnie, très secouée par la pandémie avec un taux de fréquentation en chute libre, rappelle aussi qu'elle respecte les gestes barrière, via le port du masque et une désinfection au moins quotidienne des ses trains.

La compagnie s'appuie aussi sur l'étude menée par l'Institut Pasteur et parue en mars, qui n'avait pas conclu à un risque plus élevé d'infection dans les transports en commun.

Air renouvelé toutes les neuf minutes

Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari est monté au créneau vendredi pour faire redescendre la polémique. "Dans les trains vous avez de l'air qui est renouvelé toutes les 9 minutes", a-t-il assuré sur le plateau de CNews.

"Les chiffres que nous avons nous montrent que les transports en commun, parce que vous y passez peu de temps, que vous y parlez peu et que vous portez le masque, ne sont pas des lieux de propagation prioritaire", a-t-il poursuivi, reprenant les conclusions du rapport de l'institut Pasteur.

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