Coronavirus et pénurie de médicaments : l'UFC Que Choisir alerte

Coronavirus et pénurie de médicaments : l'UFC Que Choisir alerte©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 09 novembre 2020 à 09h49

Les médicaments qui font l'objet de tensions d'approvisionnement ne sont pas les molécules récentes vendues à prix d'or, mais plutôt les produits bon marché, dénonce l'association.

L'UFC-Que Choisir dévoile lundi une étude "accablante" sur l'étendue des pénuries de médicaments, ainsi que la responsabilité des laboratoires et des pouvoirs publics dans cette situation en France.

"Alors qu'en 2016 on recensait déjà 405 pénuries, ce chiffre a quasiment triplé en l'espace de trois ans pour atteindre 1200 l'année dernière. Pire, l'Agence nationale du médicament prévoit qu'en 2020, notamment en conséquence de la crise sanitaire, ce sont 2.400 ruptures qui seront constatées, six fois plus qu'en 2016", peut-on lire dans une étude de l'association de défense des consommateurs.

Pronostic vital

Problème : il s'agit de médicaments d'intérêt thérapeutique majeur (MITM), pour lesquels une interruption de traitement peut être susceptible de mettre en jeu le pronostic vital des patients.

Dans 30% des situations, les industriels renvoient vers un autre médicament, et dans 12% ils orientent les professionnels de santé vers des solutions de derniers recours, comme la diminution de la posologie.

Surtout les médicaments bon marché

"Dans près d'un cas sur cinq (18%), les laboratoires ne proposent tout simplement aucune solution de substitution, laissant entrevoir pour les malades une terrible impasse, des annulations de traitements, et in fine, des conséquences médicales qui peuvent être lourdes", dénonce l'UFC-Que Choisir.

Une course à la rentabilité ? Les médicaments qui font l'objet de tensions d'approvisionnement ne sont pas les molécules récentes vendues à prix d'or. Il s'agit au contraire le plus souvent d'un produit ancien (75% sont commercialisés depuis plus de 20 ans) et vendu peu cher (3/4 coûtent moins de 25 euros, et même 1/4 moins de 4 euros).

Passivité du gouvernement

L'UFC dénonce aussi la passivité des pouvoirs publics, qui sanctionnent très peu les laboratoires concernés, avec deux amendes seulement contre des laboratoires en 2019, "pour des montants ridicules (830 euros et 5.807 euros), alors que jamais la situation n'a été aussi préoccupante !".

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