Coronavirus : l'alimentation résiste au confinement, l'habillement s'effondre

Coronavirus : l'alimentation résiste au confinement, l'habillement s'effondre
grande distribution

Boursier.com, publié le jeudi 09 avril 2020 à 18h03

Les Français "confinés" ont modifié leurs habitudes avec le coronavirus. Les transactions bancaires sont moins importantes, mais le panier moyen est plus élevé.

"Que disent les données de transactions par carte bancaire sur les comportements de consommateurs 'confinés' ?" C'est l'objet d'une note de conjoncture de l'Insee, qui a sans surprise constaté de gros changements dans les choix des Français.

Les transactions bancaires épluchées par l'institut montrent tout d'abord un "pic passager" d'achats sur la journée du 16 mars, qui correspond à l'annonce du confinement, avec une hausse de +40% par rapport au même lundi de 2019. Dès le surlendemain, la consommation d'ensemble a chuté pour se stabiliser autour de -50%, "reflétant la moindre opportunité de faire des achats pour les ménages confinés".

L'alimentation résiste

Les secteurs dit "essentiels" comme l'alimentation, avec des magasins qui ont pu rester ouverts, résistent. Les données bancaires montrent un pic le 16 mars (la consommation a plus que triplé par rapport au lundi correspondant de 2019). Depuis, des "montants d'achat heurtés" ont été observés, mais ils sont "globalement en hausse, avec un second pic à environ +40% le 23 mars". L'amplitude de ces pics reflète des comportements d'anticipation, et sans doute, une utilisation plus forte des cartes bancaires, aux dépends des espèces.

Le carburant continue à se vendre mais les achats sont très faibles. Les ménages ont fait des stocks le 16 mars, avec un pic à plus de +40%, puis leur consommation s'est effondrée dès le surlendemain pour se stabiliser autour de -70%.

L'habillement s'effondre

La situation est nettement plus tendue pour les secteurs "non essentiels" comme l'habillement-chaussure, avec des boutiques qui ont dû fermer leurs portes le 16 mars. "Les achats s'y sont effondrés : le délai très court entre l'annonce de la fermeture et sa mise en oeuvre n'a pas permis d'anticipation, et un recul rapide est notable dès le 13 mars, avec une stabilisation autour de -90 % après le 18 mars dans le cas de l'habillement-chaussure", écrit l'Insee dans sa note.

La consommation sur internet résiste un peu mieux. Le 13 mars et surtout le 16 mars, le pic a été porté par les ventes physiques, avant une chute en moyenne de 60%, par rapport à la même date en 2019. "Les ventes à distance baissent légèrement à partir du 13 mars, plus nettement après le 16 mars, mais de manière bien moins prononcée que pour les ventes physiques puisque la baisse est de l'ordre de 20%", écrit l'Insee.

Un panier plus élevé

Les Français sortent moins et semblent regrouper les achats. Depuis la mise en place du confinement, le nombre de transactions est inférieur à celui de l'année dernière, et continue de diminuer (-27 % la semaine du 23 mars). En revanche, les paniers moyens restent largement supérieurs à ceux de l'année dernière (+48 %).

Vos réactions doivent respecter nos CGU.