Coronavirus : l'économie européenne face au risque de rechute

Coronavirus : l'économie européenne face au risque de rechute
Islande nuage volcan éruption

Boursier.com, publié le lundi 26 octobre 2020 à 07h02

La rapide résurgence de l'épidémie de Covid-19 fait naître le spectre d'une récession à double creux, en "W", alors que jusqu'en septembre, les économistes espéraient encore la poursuite de la reprise en "V" entamée pendant l'été...

La résurgence de l'épidémie de Covid-19, avec son cortège de nouvelles restrictions imposées dans toute l'Europe, menace de faire replonger la zone euro dans la récession au 4e trimestre... Les derniers indicateurs macro-économiques montrent ainsi que l'activité comme le moral des acteurs économiques ont commencé à flancher en octobre.

L'activité économique globale est repartie à la baisse en octobre dans les 19 pays partageant l'euro.

Face à la recrudescence des cas de Covid-19, l'indice flash PMI composite de la zone euro, considéré comme un bon indicateur de la conjoncture, est ainsi ressorti à 49,4 le mois dernier, après 50,4 en septembre, retombant en zone de contraction, sous la barre des 50...

Les services ont flanché face aux restrictions liées au coronavirus

Si le PMI flash manufacturier a agréablement surpris, ressortant même au plus haut de 26 mois à 54,4 (contre 53,1 de consensus), celui des services, davantage affecté par les restrictions liées au Covid, s'est en revanche contracté à 46,2 (contre un consensus à 47).

En France, où 54 départements sont désormais placés sous couvre-feu de 21h à 06h, l'Insee a fait état jeudi d'une dégradation du climat des affaires, qui s'est replié de 2 points en octobre pour revenir à 90, son niveau d'août.

Ces chiffres fontnaître le spectre d'une récession à double creux, en "W", alors que jusqu'en septembre, les économistes espéraient encore la poursuite de la reprise en "V" entamée pendant l'été.

Bruno Le Maire envisage une chute du PIB en France au 4e trimestre

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a reconnu vendredi que l'évolution du PIB au dernier trimestre risque d'être négative dans l'hexagone, tout en estimant que le gouvernement avait intégré cette possibilité d'un redémarrage de l'épidémie.

"De la même manière qu'au quatrième trimestre nous risquons d'avoir un chiffre de croissance négatif, je vous dis qu'il y aura un fort rebond de l'économie française en 2021 et que nous pourrons retrouver en 2022 notre chiffre de développement économique de 2019", a détaillé Bruno le Maire, qui prévoit toujours un recul de 10% du PIB sur l'ensemble de 2020.

La crainte de nouveaux confinements

Dans l'ensemble de la zone euro, le PIB avait diminué de 3,6% au 1er trimestre par rapport au trimestre précédent, et avait ensuite plongé de 11,8% au 2e trimestre, avant de rebondir au 3e trimestre. Toutefois, les prévisions des économistes de la BCE d'une croissance de 3% au quatrième trimestre et d'un retour de l'économie de la zone euro à son niveau d'avant la pandémie en 2022 sont de plus en plus remises en question.

Alors que le Fonds monétaire international (FMI) s'est montré récemment un peu moins pessimiste pour l'économie mondiale, ses prévisions pourraient être démenties si la pandémie force les gouvernements à prendre des mesures de reconfinement de leurs populations face à la saturation de leurs systèmes de santé.

L'Irlande et le Pays de Galle ont déjà pris des mesures fortes de confinement pour les prochaines semaines, tandis qu'en France, le gouvernement a annoncé jeudi soir un couvre-feu à partir de 21h dans 38 départements supplémentaires pour 6 semaines.

La BCE et les gouvernements européens à nouveau sous pression

La perspective d'un retour en récession devrait mettre la pression sur la Banque centrale européenne (BCE) qui se réunira jeudi prochain, pour mettre en oeuvre des mesures supplémentaires de soutien. Les gouvernements sont aux aussi sous pression pour augmenter leur soutien budgétaire, de même que l'Union européenne. Après des mois de discussions, l'Europe a adopté en juillet dernier un plan de relance de 750 milliards d'euros, mais sa mise en oeuvre s'avère complexe et les premiers fonds ne seront pas débloqués avant début 2021.

Le 19 octobre, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé que la BCE est prête à aller plus loin pour lutter contre la crise du Covid-19. Elle a en outre jugé "crucial" que les responsables politiques mettent en oeuvre le plan de relance européen. Dans le cas contraire, "nous aurons raté une occasion historique de changer la donne", a-t-elle mis en garde...

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