Coronavirus : l'impact économique inquiète les entreprises...

Coronavirus : l'impact économique inquiète les entreprises...
Contrôle de température en Chine, à Pékin, dans la station de métro de Xizhimen, face à l'épidémie de coronavirus.

Boursier.com, publié le jeudi 30 janvier 2020 à 15h50

Fermetures de sites, transports perturbés... Les entreprises étrangères présentes en Chine commencent à sentir l'impact négatif de l'épidémie de coronavirus. Air France a annoncé jeudi la suspension de tous ses vols vers la Chine jusqu'au 9 févier.

Jour après jour, la propagation de l'épidémie de coronavirus en Chine commence à sérieusement perturber le fonctionnement des nombreuses entreprises implantées dans le pays... Ces dernières décennies, la Chine est devenue l'atelier de fabrication du monde, et les perturbations dans sa chaîne d'approvisionnement pourraient désorganiser la production et la livraison de nombreux produits exportés, à commencer par les appareils électroniques et de nombreux produits d'usage quotidien si la crise se prolonge.

Depuis 24 heures, les entreprises commencent à communiquer sur le sujet, même si à ce stade, elles s'avouent encore incapables de mesurer l'impact précis du coronavirus sur leurs activités, la situation étant très évolutive... Parmi les secteurs les plus affectés figurent les compagnies aériennes et les groupes qui sous-traitent leur production en Chine.

Nouvelle réunion d'urgence de l'OMS prévue jeudi

L'Etat chinois a pris des mesures drastiques pour mettre en quarantaine la région de Hubei, d'où est parti le coronavirus, et a restreint les déplacements de personnes dans l'ensemble du pays. Cependant, le nombre de malades a désormais nettement dépassé celui du Sras en 2003, même si le taux de létalité (décès) du "2019-nCoV" est plus faible, à 2,2%, contre plus de 10% pour le Sras. Jeudi, le bilan s'est alourdi à 170 morts (tous en Chine) et plus de 7.700 cas.

L'OMS a convoqué une nouvelle réunion d'urgence ce jeudi, afin de déterminer si l'épidémie actuelle constitue une urgence de santé publique de portée internationale...

Des sous-traitants d'Apple fermés jusqu'au 10 février

Apple, qui a publié mardi soir des résultats records pour le trimestre achevé fin décembre, n'a pas évoqué le coronavirus dans son communiqué, mais son directeur général Tim Cook a ensuite indiqué sur 'CNBC' qu'Apple surveillait de près la situation et avait élargi la fourchette de revenus attendus pour le trimestre en cours (entre 63 et 67 milliards de dollars) pour tenir compte des incertitudes. Presque toute la production de la firme à la pomme s'effectue en Chine via ses deux plus grands sous-traitants, les taïwanais Foxconn et Pegatron Technology.

Tim Cook a également dit qu'Apple dispose de fournisseurs à Wuhan, zone où est apparu coronavirus, mais a précisé qu'il s'agit de "sources alternatives". En ce qui concerne les sources d'approvisionnement situées en dehors de la région de Wuhan, "l'impact est moins clair pour le moment. La réouverture de ces usines après le Nouvel An chinois a été reportée de la fin de ce mois au 10 février, selon l'emplacement du fournisseur", a précisé Tim Cook. Le patron d'Apple a aussi indiqué qu'Apple a fermé un seul de des 42 Apple Stores en Chine. Les autres boutiques ferment plus tôt chaque jour, et souffrent d'une baisse de fréquentation depuis l'apparition du coronavirus...

Starbucks, McDonald's et Ikea ferment de nombreux points de vente en Chine

Mardi soir, la chaîne de cafés américaine Starbucks a révélé pour sa part qu'elle avait dû fermer plus de la moitié des quelque 4.100 cafés du groupe en Chine en raison de l'épidémie.

Compte-tenu de la nature imprévisible de la maladie, "la durée de ces perturbations, la réduction du nombre de clients et l'impact financier qui en découle ne peuvent être précisément estimés à ce stade, mais nous prévoyons que ces facteurs affecteront concrètement notre segment international au deuxième trimestre et sur l'ensemble de l'exercice 2020", a précisé Starbucks, dont l'action chutait mercredi de 2,9% en séance à Wall Street, malgré la publication de résultats supérieurs aux attentes pour le trimestre achevé fin décembre.

Le géant de la restauration rapide McDonald's a de son côté fait savoir qu'il avait fermé "plusieurs centaines" de restaurants dans la province de Hubei, mais qu'environ 3.000 établissements restaient ouverts en Chine, où la situation est décrite comme "mouvante et inquiétante". A ce stade, McDonald's estime cependant que l'impact de virus sur ses résultats devrait être "assez réduit" si l'épidémie reste contenue à la Chine, qui compte 9% des fast-foods du groupe mais représente seulement 4% à 5% de ses ventes mondiales et environ 3% de son bénéfice opérationnel.

La chaîne d'ameublement suédoise Ikea a annoncé jeudi la fermeture de la totalité de ses 30 magasins en Chine. Les 14.000 salariés concernés "sont priés de rester chez eux, en conservant l'intégralité de leur salaire", a précisé Ikea.

Le luxe et le transport aérien en première ligne

Depuis le début de la crise sanitaire, le secteur du luxe a souffert en Bourse, le marché chinois du luxe étant très dynamique et la clientèle chinoise achetant aussi de nombreux produits de luxe lors de voyages à l'étranger. Mercredi, Bernard Arnault, le PDG de LVMH, s'est montré prudemment optimiste au sujet d'un éventuel impact de l'épidémie sur l'activité du groupe en Chine.

Alors que numéro un mondial du luxe vient de publier des résultats record pour 2019, Bernard Arnault a indiqué "si ça dure deux mois, deux mois et demi, ça ne sera pas terrible. Si ça devait durer deux ans, ce serait une autre histoire". Il a cependant estimé sur 'Europe 1' que "le gouvernement chinois a pris le problème de front, clairement, de manière transparente et, je crois, de manière très efficace (...) J'aurais à parier, je dirais que le traitement qu'il applique devrait fonctionner", a-t-il ajouté.

Air France suspend tous ses vols vers la Chine jusqu'au 9 février

De nombreuses compagnies aériennes ont réduit leur desserte de la Chine, ou ont totalement cessé leurs vols vers le pays. British Airways (groupe IAG) a ainsi suspendu tous ses vols depuis mercredi, et réexaminera la situation en fin de semaine. Iberia, également filiale d'IAG Group, a aussi suspendu sa desserte de la Chine, de même que les trois membres du groupe allemand Lufthansa (Lufthansa, Swiss International Air Lines et Austrian Airlines), ainsi qu'Air Canada.

Pour sa part, Air France , qui a suspendu depuis le 24 janvier ses vols vers Wuhan, l'épicentre du virus,a annoncé jeudi la suspension de tous ses vols vers la Chine jusqu'au 9 février, à la demande de ses salariés. Les représentants syndicaux des personnels navigants commerciaux (PNC) d'Air France avaient demandé jeudi matin à la direction l'arrêt de tous les vols vers la Chine pour assurer la sécurité des personnels.

La compagnie de Hong Kong Cathay Pacific a réduit ses vols vers la Chine continentale d'au moins 50% jusqu'à la fin mars. La compagnie finlandaise Finnair a cessé de desservir Nanjing det Pékin jusqu'à la fin mars. De son côté, la compagnie américaine United Airlines a réduit ses vols vers Pékin, Hong Kong et Shanghai prévus du 1er au 8 février, en citant une "forte baisse de la demande". Delta Air Lines va diviser par deux le nombre de ses vols à 21 par semaine à partir du 6 février et jusqu'au 30 avril, mais conserve l'ensemble des dessertes actuelles.

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