Coronavirus : la Cour des comptes épingle la gestion de la crise par l'Etat

Coronavirus : la Cour des comptes épingle la gestion de la crise par l'Etat©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le jeudi 18 mars 2021 à 15h16

Les Sages estiment que les acteurs publics ont manqué d'anticipation et livrent aussi leurs pistes pour l'après-crise.

Les Sages estiment que les acteurs publics ont manqué d'anticipation et livrent aussi leurs pistes pour l'après-crise.

"Les dispositifs d'anticipation de crise n'étaient pas au rendez-vous", épingle ce jeudi la Cour des comptes dans son rapport annuel. Un pavé de plus de 700 pages, qui laisse pourtant exceptionnellement de côté l'évaluation de la situation d'ensemble des finances publiques, qui fera l'objet début avril d'un rapport distinct commandé par le Premier ministre, avec des recommandations à la clé.

Les Sages critiquent donc les décisions des acteurs publics, estimant qu'ils n'accordent pas suffisamment d'attention à la gestion des risques". Le rapport dresse déjà des constats parfois douloureux sur plusieurs acteurs publics mis en difficulté depuis un an, en regrettant l'"impréparation" générale des administrations publiques à ce type de crise même si son président, l'ex-ministre de l'Economie Pierre Moscovici, salue leur mobilisation et leur "très grande capacité de réaction et même d'innovation".

Repenser le secteur de la santé

La Cour appelle notamment à "repenser" après la crise l'organisation des services hospitaliers de réanimation et de soins intensifs, "un secteur mal préparé à affronter la crise qui doit désormais être mieux armé".

Rappelant que le taux d'équipement en réanimation se dégradait depuis 2013 avec de fortes inégalités régionales, elle prône une réorganisation nationale incluant un renforcement des effectifs des services de soins critiques et un nouveau modèle de financement "afin de garantir la neutralité de la tarification à l'activité", régulièrement dénoncée par les syndicats de personnels hospitaliers.

Assurance chômage

Sans surprise, la Cour des comptes tire aussi la sonnette d'alarme sur le financement de l'assurance chômage, déjà déficitaire et très endettée avant l'apparition du coronavirus mais désormais confrontée à un déficit "historique" (17,4 milliards d'euros pour 2020 selon les dernières estimations de l'Unédic) et dont la dette pourrait devenir "insoutenable" en cas de remontée des taux d'intérêt.

"Structurellement déséquilibré au plan financier, le régime d'assurance chômage ne peut plus jouer son rôle d'amortisseur conjoncturel", avertit-elle avant d'évoquer la piste d'une reprise par l'Etat d'une partie de sa dette.

Fragilités de la SNCF

Le rapport évoque aussi la SNCF, dont la Cour des comptes juge que "la crise sanitaire a révélé les fragilités des modèles économiques des différentes activités ferroviaires du groupe".

Rappelant les faiblesses structurelles du groupe public de transport ferroviaire - "productivité insuffisante, modernisation des processus de production à accélérer, qualité de service à améliorer" - la Cour des comptes souligne ainsi le risque de voir les activités de transport à grande vitesse et de fret devenir structurellement déficitaires, ce qui impliquerait un soutien de l'Etat et des régions.

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