Coronavirus : la France lance un essai clinique, notamment sur la chloroquine

Coronavirus : la France lance un essai clinique, notamment sur la chloroquine©Boursier.com

Boursier.com, publié le dimanche 22 mars 2020 à 18h35

L'Europe accélère sa recherche d'un traitement du coronavirus. Un test clinique baptisé "Discovery" vient de débuter pour évaluer l'efficacité de 4 traitements, dont la chloroquine. Au moins 800 patients français sont concernés par l'essai.

Alors que la pandémie de coronavirus continue de s'étendre, un essai clinique européen a débuté ce week-end, notamment en France, afin d'évaluer quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus, dont la chloroquine, qui a donné des résultats prometteurs en Chine et à Marseille.

Dans un communiqué publié dimanche, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a précisé que cet essai, baptisé "Discovery" inclut, outre la chloroquine, le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l'interféron bêta.

Au moins 800 malades français inclus dans l'essai

L'essai "a pour but d'analyser l'efficacité et la tolérance des options thérapeutiques pour les patients dans un temps limité", explique l'Inserm dans un communiqué. Dans son volet français, l'essai inclura au moins 800 patients atteints de formes sévères du coronavirus. Au total, quelque 3.200 patients européens seront inclus dans l'étude qui associe la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne.

Les données obtenues seront partagées avec un autre essai international baptisé "Solidarity" qui sera conduit sous l'égide de l'Organisation mondiale de la Santé.

Les Etats-Unis ont aussi annoncé cette semaine qu'ils mèneraient un essai clinique sur la chloroquine en "fast track" (procédure accélérée), et Donald Trump s'est montré enthousiaste sur ce traitement.

Des résultats d'ici à 15 jours concernant la chloroquine

Des voix s'élèvent pour demander à ce que la chloroquine puisse être utilisée dès que possible. D'autant que cette molécule très connue en tant que traitement du paludisme et de l'arthrite, est de surcroît disponible et peu onéreuse à produire.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré de son côté sur 'LCI' au sujet de la chloroquine que "ce traitement s'il devait être efficace, nous le proposerions aux Français sans aucun délai", tout en appelant à la prudence, rappelant que les espoirs suscités par des traitements avaient parfois été déçus.

Le ministre a précisé que "d'ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées" sur l'efficacité de la chloroquine sur le Covid-19.

Des résultats encourageants pour la chloroquine en Chine et à Marseille

En février, trois équipes chinoises avaient publié dans la revue scientifique 'Nature' une étude concluant à des "résultats encourageants sur l'homme" après des traitements à base de chloroquine. Le Dr Zhong Nanshan, président de l'Association Médicale Chinoise et directeur de l'Institut des maladies respiratoires de Guangzhou, avait alors précisé que l'administration de ce traitement avait réduit de 14 à 4 jours le portage naturel du Covid-19.

A Marseille, l'infectiologue Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection, a procédé à un test clinique prometteur sur un petit échantillon de 24 patients. Après six jours de prise de Plaquenil, l'un des noms commerciaux de la chloroquine, seulement un quart (6) des 24 patients tests du professeur Raoult étaient encore porteurs du virus.

Mieux : "associé à la prise d'antibiotiques ciblés contre la pneumonie bactérienne (l'azythromycine), le traitement a totalement guéri les sujets dans la semaine, alors que 90% des malades qui n'ont pas pris de traitement sont toujours positifs", a affirmé l'infectiologue, dans un entretien publié mardi par 'Les Echos'.

Cinq hôpitaux français impliqués dans un premier temps

Florence Ader, l'infectiologue qui pilote l'essai "Discovery" en France, précise dans le communiqué de l'Inserm que "cinq hôpitaux français participeront au départ (Paris - hôpital Bichat-AP-HP, Lille, Nantes, Strasbourg, Lyon) puis nous ouvrirons d'autres centres pour arriver au moins à une vingtaine d'établissements participants".

"Notre stratégie d'ouverture de centre suivra la réalité épidémiologique de l'épidémie avec une priorisation à l'ouverture de l'essai dans des hôpitaux sous forte pression", a précisé Mme Ader, infectiologue à l'hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon.

L'hôpital de Nice teste le "protocole Raoult", le maire Christian Estrosi atteint du Covid-19

Par ailleurs, le traitement du coronavirus à la chloroquine va être proposé à tous les patients au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nice, a annoncé dimanche le maire de la ville de Nice, Christian Estrosi : "j'ai obtenu satisfaction : Nice et son CHU validés et approvisionnés pour mettre en place le protocole du professeur Didier Raoult avec consentement des familles. Il serait souhaitable que, dans les mêmes conditions, la médecine de ville soit habilitée à le prescrire".

J'ai obtenu satisfaction. #Nice06 et son CHU validés et approvisionnés pour mettre en place le protocole du professeur Didier Raoult avec consentement des familles. Il serait souhaitable que, dans les mêmes conditions, la médecine de ville soit habilitée à le prescrire. https://t.co/3Y6L5SvNqi
- Christian Estrosi (@cestrosi)

Christian Estrosi et son épouse Laura Tenoudji sont eux-même atteints du coronavirus et pour se soigner, ils ont décidé de tester le protocole expérimental mis au point par Didier Raoult.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.