Coronavirus : le plan d'urgence français doublé, à 100 milliards d'euros

Coronavirus : le plan d'urgence français doublé, à 100 milliards d'euros©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 09 avril 2020 à 18h39

L'exécutif table désormais sur une contraction de 6% du Produit intérieur brut (PIB) cette année. Les inconnues sont encore nombreuses et ce chiffre pourrait évoluer, explique le gouvernement.

Le gouvernement a revu en baisse jeudi soir ses prévisions de croissance pour cette année, en tentant de prendre en compte les très lourds effets de l'épidémie de coronavirus. L'exécutif table désormais sur une contraction de 6% du Produit intérieur brut (PIB). Il s'agirait de la plus importance récession enregistrée dans l'Hexagone depuis 1945, déclare le ministre de l'Economie, dans un entretien paru jeudi sur le site du quotidien 'Les Echos'.

"Des inconnues demeurent et cette prévision peut encore évoluer, notamment s'agissant de la durée du confinement et des modalités de sortie. C'est déterminant : plus le confinement dure, plus la croissance est faible", précise Bruno Le Maire au quotidien économique.

Toutes les données revues en forte baisse

Le gouvernement va examiner mercredi en conseil des ministres un projet de loi de finances rectificative, qui comportera une prévision de déficit de 7,6% du PIB (contre 3,9% prévu en mars dernier), précise dans la même interview le ministre du Budget, Gérald Darmanin.

Les deux ministres annoncent que le gouvernement a plus que doublé le montant de son plan de soutien à l'économie. Il va être porté à 100 milliards d'euros, soit plus de 4% du produit intérieur brut (PIB), contre 45 milliards initialement prévus, en additionnant la totalité des mesures budgétaires et de trésorerie en faveur des entreprises.

"Ces chiffres pourront encore évoluer car la situation économique et le besoin de soutien des entreprises changent rapidement. Nous mettons tout en oeuvre pour sauver nos entreprises", a souligné Bruno Le Maire.

Soutien au système de santé

Les dépenses exceptionnelles consacrées au système de santé et à son personnel passeront de deux à sept milliards.

Concernant le soutien aux entreprises, Bruno Le Maire souligne que certains secteurs comme le tourisme, l'aéronautique, ou l'automobile "demanderont des plans spécifiques à la sortie de la crise".

"L'Etat apportera très rapidement son soutien à Air France, sous la forme la plus adaptée", ajoute-t-il, estimant que les pertes de la compagnie "se chiffrent à plusieurs milliards d'euros par mois".

Chute de l'activité

Selon l'Insee, les mesures de confinement mises en place en France pour lutter contre le coronavirus se sont traduites par une perte d'activité de 36%. L'institut de la statistique publiera "si possible fin avril" la première estimation du PIB au premier trimestre. La Banque de France a estimé pour sa part mercredi que l'économie française s'était sans doute contractée de 6% au premier trimestre. Une telle chute de l'activité d'un trimestre à l'autre ne serait comparable qu'au repli de 5,3% enregistré autour des grèves de mai 1968.

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