Coronavirus : les cas se multiplient, l'inquiétude grandit

Coronavirus : les cas se multiplient, l'inquiétude grandit
des soldats devant le Duomo, 24 février 2019

Boursier.com, publié le jeudi 27 février 2020 à 15h18

Le coronavirus ne cesse de s'étendre en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis, ce qui fait craindre un impact négatif fort sur l'économie mondiale.

Des cas de contaminations qui se multiplient un peu partout dans le monde, des manifestations annulées, des établissements scolaires fermés, et même un dirigeant politique italien en quarantaine... Le coronavirus ne cesse de s'étendre en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis, ce qui fait craindre un impact négatif fort sur l'économie mondiale.

La Banque centrale européenne a fait état de son inquiétude jeudi matin. "Nous sommes tous très préoccupés par ce qui se passe actuellement en ce qui concerne la propagation du coronavirus", a déclaré Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE dans un discours à Londres. "Nous savons que cela crée vraiment des incertitudes de grande ampleur, pour les perspectives de croissance mondiale mais aussi bien sûr pour les perspectives pour la zone euro", a-t-elle ajouté.

"Pour le moment c'est flou"

"Mais ce que nous avons vraiment besoin de comprendre quand on élabore une politique monétaire, c'est quelles sont les implications potentielles à moyen terme et pour le moment c'est flou."

Les marchés monétaires ont commencé à intégrer dans leurs cours la probabilité d'une nouvelle baisse de 10 points de base, d'ici la fin de l'année, du taux de dépôt de la BCE, déjà négatif à -0,5%, écrit l'agence de presse Reuters.

Fort impact négatif ?

Les analystes de GAM Investments jugent qu'il ne fait plus aucun doute que le coronavirus aura un fort impact négatif sur l'environnement macroéconomique lors des prochains mois, la suite dépendant de l'étendue de la propagation de l'épidémie et de sa durée de vie. "Il y aura un impact significatif sur la croissance chinoise au premier trimestre et sur l'activité du secteur manufacturier chinois également", écrit jeudi Mike Biggs, stratégiste macro et gérant spécialisé dans la dette émergente pour la société de gestion.

Les indices PMI officiels chinois, attendus pour samedi, devraient le confirmer avec un indice manufacturier pour le mois de février attendu à 38, soit en très forte contraction, a-t-il dit lors d'un point de presse à Paris. En janvier, le PMI manufacturier chinois est ressorti à 50, juste à la limite entre expansion et contraction de l'activité.

Evolution inquiétante

Les dernières données de contamination sont plutôt inquiétantes : les autorités sanitaires chinoises ont fait état jeudi de 433 cas supplémentaires en Chine continentale en date du 26 février, un nombre en faible augmentation par rapport à la veille. Mais c'est surtout l'apparition d'un groupe de cas nouveaux à Pékin qui suscite la crainte, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait pourtant en début de semaine qu'un pic avait été atteint.

Plus de 40 pays et territoires hors de Chine continentale ont déclaré avoir recensé des cas, parmi lesquels, derniers en date, le Brésil, le Pakistan, la Norvège, la Grèce, la Roumanie et l'Algérie ou bien encore le Danemark. Le nombre de malades semble aussi avoir accéléré en Corée du Sud, ce qui ajoute au climat d'anxiété.

Et la France ?

La France de son côté s'inquiète de sa proximité géographique avec l'Italie, pays le plus touché en Europe (plus de 450 cas et 12 décès). L'Hexagone compte pour sa part à ce stade 18 cas de contamination, dont deux mortels.

Emmanuel Macron, en visite dans l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière, a apporté jeudi son soutien et exprimé ses remerciements aux personnels soignants mobilisés face à l'épidémie de coronavirus "qui arrive", a-t-il dit. C'est dans cet hôpital du sud-est de Paris qu'un malade français atteint par le coronavirus a succombé dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été transféré de Creil, dans l'Oise.

Certaines régions sont actuellement plus exposées à l'épidémie, en particulier les départements frontaliers de l'Italie... En conséquence, les deux grandes fêtes populaires de la Côte d'Azur, le carnaval de Nice et la Fête du Citron à Menton, n'iront pas jusqu'à leur terme.

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