Coronavirus : les syndicats réclament l'abandon des nouvelles règles de l'assurance chômage

Coronavirus : les syndicats réclament l'abandon des nouvelles règles de l'assurance chômage
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le mercredi 11 mars 2020 à 16h06

La CFDT, la CGT et FO ont demandé au gouvernement de renoncer au changement du mode de calcul de l'allocation-chômage, soulignant que les emplois précaires sont "la première variable d'ajustement" en temps de crise.

Alors que les nouvelles règles de calcul de l'assurance chômage vont bientôt entrer en vigueur, plusieurs syndicats ont réclamé une trêve en cette période de coronavirus, les emplois précaires étant "la première variable d'ajustement" en temps de crise, comme l'a indiqué la CFDT dans un communiqué.

Cette demande a été rapidement relayée par FO puis la CGT. Invité de 'franceinfo' ce mercredi, Laurent Berger a réitéré sa demande à la ministre du Travail Muriel Pénicaud. "Les travailleurs précaires, ceux qui alternent les petits contrats, vont être les premiers touchés. A chaque fois qu'il y a une difficulté économique - et là, elle est là et ce n'est que le début - ce sont les travailleurs précaires qui paient le plus cher tribut", a-t-il insisté.

A partir du 1er avril prochain, le calcul des allocations-chômage va changer. Le salaire journalier de référence, qui sert de base à l'allocation-chômage, ne sera en effet plus calculé en divisant le revenu perçu sur les 12 derniers mois par le nombre de jours travaillés sur cette période. Dorénavant, tous les jours travaillés mais aussi ceux où la personne n'avait plus de contrat de travail sur une période de 24 mois, au lieu de 12, seront pris en compte.

Des mesures "profondément injustes"

Selon les prévisions effectuées par l'Unedic en amont de la réforme, 1,32 million de personnes sont impactées par cette nouvelle formule. Les syndicats craignent de leur côté des baisses drastiques pour les plus précaires.

Le secrétaire général de la CFDT a notamment qualifié les mesures de "profondément injustes", estimant que "plus d'un million de travailleurs seront concernés par une baisse allant de 20 à 45% de leur indemnisation chômage". Pour rappel, le premier volet de la réforme de l'assurance chômage est entré en vigueur depuis le 1er novembre, avec notamment un accès plus dur à l'indemnisation.

La CFDT réclame des mesures de soutien

Laurent Berger a également demandé au gouvernement des "mesures de soutien aux travailleurs qui vont subir les impacts de cette épidémie" de coronavirus en France. "Il va falloir des mesures. Ça commence à se durcir dans un certain nombre de secteurs et être compliqué avec des baisses d'activité dans le tourisme, l'évènementiel, l'aéronautique", a-t-il affirmé.

Selon le syndicaliste, "ce serait complètement anormal qu'on ait des mesures de soutien aux entreprises, qu'on ne remet pas en cause", et "qu'il n'y ait pas de mesures de soutien aux travailleurs".

"La CFDT est en train de regarder ce que cette réforme va provoquer à situation constante, hors coronavirus, c'était déjà extrêmement brutal en termes de baisse d'indemnisation", a-t-il ajouté.

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