Coronavirus : multiplication des plans de sauvegarde de l'emploi en France

Coronavirus : multiplication des plans de sauvegarde de l'emploi en France
demandeurs d'emploi Etats Unis - thème chômage

Boursier.com, publié le vendredi 27 novembre 2020 à 06h05

Danone, IBM, Total, Elior... Les annonces de réductions d'effectifs se multiplient en France sur fond de crise sanitaire et de mutations des modes de consommation. Le nombre de plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) a presque doublé depuis un an.

Malgré les multiples plans de soutien de l'Etat, la crise du coronavirus continue de faire des ravages dans les entreprises françaises, qui sont nombreuses à devoir se séparer d'une partie de leurs salariés. Ainsi, non moins de 657 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE, les ex-plans sociaux) ont été initiés depuis mars en France, un chiffre en très forte hausse, de 80%, par rapport à la même période de 2019 (369 PSE).

Dans le cadre de ces plans, plus de 67.000 (67.065) ruptures de contrats de travail sont envisagées, plus du double de la même période de 2019 (26.987 entre le 1er mars et le 22 novembre 2019), selon des données publiées jeudi par le service de statistiques du ministère du Travail (Dares).

Forte hausse du chômage partiel depuis le reconfinement

En outre, depuis début mars, 4.900 procédures de licenciement collectif pour motif économique, hors PSE, ont aussi été notifiées. Elles concernent dans neuf cas sur dix des licenciements de moins de 10 salariés.

Pour le chômage partiel, qui concernait en octobre 1,6 million de salariés, la Dares fait état d'une "nette" accélération des demandes entre le 26 octobre, la semaine de l'annonce du reconfinement, et le 22 novembre, avec 385.300 demandes d'autorisation préalable...

Des milliers de postes menacés dans tous les secteurs

Ces dernières semaines, les annonces de projets de réduction d'effectifs se sont multipliés en France en provenance de grandes entreprises, dont Total, Danone, IBM, Elior, Sodexo ou encore General Electric.

Le conglomérat américain General Electric s'apprête ainsi à supprimer près de 300 postes en France dans son entité "Steam Power", spécialisée dans les équipements pour centrales nucléaires et à charbon, dont 240 sur son site de Belfort, selon deux sources citées jeudi par l'agence 'AFP'. La direction a confirmé avoir annoncé un projet de réorganisation de GE Steam Power en Europe, à l'occasion d'un comité de groupe Europe, mais n'a pas donné de précisions sur le nombre d'emplois menacés.

Lundi, Danone a dévoilé une nouvelle organisation de son modèle, qui se traduira par des réductions d'environ 1.500 à 2.000 postes dans le monde, dont près de 400 en France. Afin d'améliorer son efficacité, le groupe agro-alimentaire va passer d'une organisation mondiale par catégories de produits à une organisation locale par zones, ce qui réduira les effectifs des sièges mondiaux et locaux.

Le secteur pétrolier face à la chute des cours du brut

Total a annoncé lundi aux syndicats du groupe pétrolier un projet de plan de départs volontaires en France, qui pourrait se traduire par environ 700 suppressions de postes dans ses sièges, selon les calculs de la CGT, des chiffres non confirmés par le groupe. En parallèle, le groupe pétrolier prévoit d'embaucher des jeunes dans sa branche énergies nouvelles, pour accélérer sa transition énergétique.

Toujours dans l'énergie, le groupe parapétrolier américain Schlumberger a indiqué mercredi qu'environ 200 personnes seraient touchées par des suppressions de postes en France, dans le cadre de plans de sauvegarde de l'emploi. Le groupe avait annoncé en juillet dernier la suppression de 21.000 emplois dans le monde et une perte de 3,4 milliards de dollars au 2e trimestre, sur fond de baisse de la demande et des cours du brut pendant la pandémie de Covid-19.

La restauration collective en pleine tempête

Le groupe informatique américain IBM a annoncé mercredi aux représentants du personnel la suppression de 1.180 à 1.385 postes, soit près d'un quart de ses effectifs dans l'Hexagone, dans le cadre d'un PSE, qui va être présenté officiellement le 16 décembre. En proie à une baisse constante de ses ventes mondiales, le géant informatique américain prévoit une vaste restructuration et une scission de ses activités mondiales en deux entités. Dans ce cadre, près de 10.000 emplois seront supprimés en Europe.

Début octobre, le groupe de restauration collective Elior a lui aussi présenté aux partenaires sociaux un plan de sauvegarde de l'emploi, qui prévoit la suppression de 1.888 postes au sein de sa branche restauration d'entreprise, soit 20% des effectifs de cette branche. Son concurrent Sodexo lui a emboîté le pas fin octobre avec la mise en oeuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi impliquant la suppression nette de 2.083 postes.

Prêt-à-porter et clubs de foot pas épargnés

Les enseignes de prêt-à-porter, déjà fragilisées par le mouvement des Gilets jaunes et l'essor des ventes en ligne, sont aussi frappées de plein fouet par la crise actuelle. Fin octobre, l'enseigne de vêtements masculins Celio a annoncé la fermeture de 102 boutiques en France, entraînant la suppression de 383 postes, dans le cadre d'un PSE.

Les Clubs de football, durement affectés par la crise du Covid et la fermeture des stades au public ne sont pas en reste ! Parmi eux, les Girondins de Bordeaux ont annoncé lundi une réorganisation interne passant par un plan de départs volontaires qui pourrait concerner une trentaine d'emplois...

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