Coronavirus : pas de hausses d'impôts, affirme Edouard Philippe

Coronavirus : pas de hausses d'impôts, affirme Edouard Philippe
11 décembre 2019

Boursier.com, publié le vendredi 03 avril 2020 à 01h41

Invité d'une émission spéciale sur TF1 et LCI baptisée "Le Premier ministre face à la crise", Edouard Philippe a estimé que "le pire quand on sort d'une crise et qu'on veut faire redémarrer le pays, ce serait d'augmenter les impôts".

Lors d'une longue interview télévisée jeudi soir, le Premier ministre Edouard Philippe a écarté l'idée de procéder à des hausses d'impôts après la sortie de la crise du coronavirus. Invité principal d'une émission spéciale sur TF1 et LCI baptisée "Le Premier ministre face à la crise", Edouard Philippe a estimé que "le pire quand on sort d'une crise et qu'on veut faire redémarrer le pays, ce serait d'augmenter les impôts".

Il a souligné au passage que la France continuait à pouvoir emprunter à des taux d'intérêts assez bas. "L'urgence, c'est de passer la crise sanitaire, ensuite, ce sera de faire repartir la machine économique et pour cela il ne faut pas que les entreprises meurent", a-t-il expliqué.

Il a souligné le rôle important joué par les "instruments de chômage partiel très généreux pour pouvoir conserver le muscle nécessaire pour repartir (...) C'est cela qui nous occupe aujourd'hui, c'est là qu'est le combat".

A la mi-mars, le gouvernement a annoncé un plan de soutien de 45 milliards d'euros aux entreprises et aux salariés (reports de charges et d'impôts, chômage partiel) qui s'ajoute à une mesure prévoyant jusqu'à 300 milliards d'euros de garantie de l'Etat pour des prêts bancaires aux entreprises.

L'argent n'est "pas plus magique qu'il ne l'était il y a deux ans"

Edouard Philippe a indiqué que "la crise sanitaire va devenir une crise économique parce que le coup de frein est si brutal et durable qu'il va falloir aider le pays à redémarrer. Nous devons nous organiser pour que le pays tienne, pour que les entreprises subsistent et pour qu'un plan de relance national, européen je l'espère, puisse permettre à l'ensemble de l'économie mondiale de repartir. Mais cela ne passera pas, je pense, par une augmentation des impôts", a-t-il aussi assuré.

"Je ne doute pas que certains se feront les spécialistes pour dire ce qu'il faut faire des productions, des dettes souveraines ... Aujourd'hui, la bonne santé de l'économie française fait que nous pouvons passer la crise sanitaire, c'est là l'essentiel. A partir de là, nous pourrons reconstruire". Au sujet de l'augmentation de la dette attendue cette année, il a estimé que l'argent "n'est pas plus magique qu'il ne l'était il y a deux ans".

Confinement prolongé au-delà du 15 avril

Sur le plan de la lutte sanitaire contre le Covid-19, le Premier ministre a prévenu que "le déconfinement ne serait pas pour demain". Aujourd'hui, la logique du confinement prévaut, "au moins jusqu'au 15 avril et sûrement pour longtemps", a-t-il ajouté.

Il fermement appelé les Français à ne pas se déplacer pendant les vacances scolaire de printemps, qui commencent vendredi soir. "Le virus ne prend pas de vacances" et appelé les Français à ne pas se déplacer, ce qui "viendrait à ruiner l'effort que nous faisons depuis trois semaines".

Déconfinement progressif confirmé

Concernant les modalités du déconfinement, il est "quasiment acquis qu'il va falloir procéder progressivement" a confirmé Edouard Philippe. "Il est aussi probable qu'il y ait une deuxième vague. Nous allons trouver les méthodes pour prendre les meilleures décisions", a insisté le chef du gouvernement.

Concernant le baccalauréat, il a confirmé qu'il ne pourrait avoir lieu normalement. "Je crois que ce sera vers du contrôle continu total qu'il faudra se diriger", a-t-il déclaré. Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, doit s'exprimer ce vendredi sur le sujet.

"C'est encore difficile mais nous pouvons y arriver"

Le Premier ministre a conclu son intervention par un message d'espoir :"J'ai la conviction que notre pays peut faire face à cette crise. Quand les Français sont confrontés à ce qu'il y a de plus dur, ils peuvent souvent se révéler courageux, solidaires, déterminés".

"Cela n'est pas fini, ça va continuer et c'est encore difficile mais nous pouvons y arriver", a conclu le Premier ministre.

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