Coronavirus : plus de 500 millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté

Coronavirus : plus de 500 millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 09 avril 2020 à 16h57

Dans un rapport, l'ONG Oxfam a appelé à un "plan de sauvetage" rapide pour les pays les plus démunis face à la pandémie de coronavirus.

La facture sociale du Covid-19 risque d'être très lourde... À l'approche de réunions décisives qui auront lieu la semaine prochaine entre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international et entre ministres des Finances du G20, Oxfam a dévoilé un rapport choc intitulé "Le Prix de la Dignité", dans lequel l'ONG soutient qu'"un demi milliard de personnes pourraient basculer dans la pauvreté".

En l'absence de rapides plans de soutien pour les pays les plus démunis face à la pandémie de coronavirus, l'organisation, qui se base sur de récentes analyses, affirme en effet que "8% de la population mondiale" pourraient "sombrer dans la pauvreté" si rien n'est fait.

"Cela constitue un recul potentiel de 10 ans pour la lutte contre la pauvreté, voire de 30 ans dans certaines régions comme l'Afrique sub-saharienne, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord", précise-t-elle.

25 millions d'emplois pourraient être perdus

En cause notamment, les pertes d'emploi massifs dans le monde. Alors que les économies sont mises à l'arrêt pour tenter de stopper la propagation de la pandémie de Covid-19, l'Organisation internationale du travail (OIT) a estimé mi-mars que 25 millions d'emplois pourraient être perdus. "Un chiffre probablement sous-estimé", selon Oxfam.

"On estime que les pertes de revenus pour la main-d'oeuvre pourraient atteindre 3.400 milliards de dollars. Dans des pays comme le Kenya et le Cambodge, des dizaines de milliers d'ouvriers et ouvrières industriel-le-s et agricoles sont renvoyé-e-s à la maison", détaillent les auteurs du rapport.

L'ONG rappelle par ailleurs que la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) a réclamé 2.500 milliards de dollars pour renflouer l'économie des pays en développement.

Un plan de sauvetage économique universel

L'organisation a appelé les dirigeants à mettre en oeuvre dès maintenant un "plan de sauvetage économique universel". Pour les individus, l'ONG suggère d'augmenter les aides avec, par exemple, des subventions en espèces. Pour les entreprises, elle conseille aux gouvernements de se concentrer sur les plus petites, "qui sont les moins à même de faire face à la crise", notamment en conditionnant l'aide financière accordée aux plus grandes à des mesures en faveur des populations vulnérables.

Pour les Etats, Oxfam appelle à plus de solidarité. L'organisation demande notamment l'annulation d'une part de la dette des pays en développement, en particulier les sommes qui doivent être remboursées cette année. Elle cite l'exemple du Ghana : si le pays était affranchi des échéances sur le paiement de sa dette, il pourrait "fournir 20 dollars par mois à chacun des 16 millions d'enfants, de personnes handicapées et de personnes âgées du pays pendant six mois".

Enfin, l'ONG a aussi conseillé d'instituer des impôts de solidarité d'urgence. "Il s'agit de mobiliser le plus de recettes possibles en taxant les bénéfices extraordinaires, les plus grandes fortunes, les produits financiers spéculatifs et les activités ayant un impact négatif sur l'environnement", a-t-elle précisé.

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