Coronavirus : polémique sur les respirateurs fabriqués en urgence par la France

Coronavirus : polémique sur les respirateurs fabriqués en urgence par la France
médecine hôpital

Boursier.com, publié le jeudi 23 avril 2020 à 16h08

Le gouvernement défend la commande de 10.000 respirateurs passée auprès du consortium d'industriels réuni autour d'Air Liquide, alors qu'une enquête montre que bon nombre d'entre eux ne peuvent être utilisés en réanimation.

L'annonce a été faite fin mars par le président de la République lui-même... Les groupes industriels Air Liquide, PSA, Schneider Electric et Valeo ont constitué à la demande du gouvernement français un consortium visant à produire davantage de respirateurs. Objectif : augmenter la production et permettre de fournir 10.000 appareils, à prix coûtant, entre début avril et mi-mai.

Problème : une enquête menée par Radio France suggère que la majorité de ces appareils seraient inadaptés à un usage dans les services de réanimation. Sur ce total, 8.500 appareils seraient des "respirateurs d'urgence et de transport" prévus pour des utilisations ponctuelles (par exemple lors d'un transport en ambulance ou du transfert d'un malade pour aller passer un scanner) mais ils ne devraient être utilisés qu'en "dernier recours" dans les services de réanimation.

La meilleure solution ?

L'enquête n'a pas tardé à faire réagir l'exécutif : dans un communiqué commun diffusé jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran et la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances Agnès Pannier-Runacher confirment que la commande effectuée par l'Etat porte sur 1.500 respirateurs d'un modèle "largement utilisé dans les hôpitaux français et internationaux pour traiter des patients atteints du COVID-19" et 8.500 autres respirateurs d'urgence et de transport.

"Leur usage en service de réanimation, en cas d'indisponibilité de respirateurs plus lourds et en dernier recours, avait été validée par les deux sociétés savantes françaises de réanimation, la société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar) et la société de réanimation de langue française (SRLF)", précise le communiqué gouvernemental.

Au moment où cette commande a été passée, "il s'agissait de la meilleure solution disponible pour garantir la capacité à armer" un nombre de lits de réanimation beaucoup plus important et pour éviter de "recourir aux solutions de fortune constatées dans certains pays, comme le fait de brancher deux patients à un même respirateur".

"Sécuriser notre position"

Les deux ministres précisent par ailleurs que d'ici à la fin du mois de juin, la France devrait disposer de 15.000 respirateurs de réanimation et de 15.000 autres respirateurs d'urgence et de transport.

Cette quantité "supérieure aux besoins exprimés et anticipés" permettra de "sécuriser notre position, de renouveler et d'augmenter le stock stratégique de respirateurs d'urgence et d'envisager demain de mobiliser un certain nombre de respirateurs au profit des partenaires de la France à l'international".

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