Coronavirus : vers une baisse rapide des prix à la pompe

Coronavirus : vers une baisse rapide des prix à la pompe©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 11 mars 2020 à 08h22

Les carburants routiers vendus en stations-service en France affichent déjà des prix en recul... Un phénomène durable ?

Les prix à la pompe devraient reculer sensiblement dès la fin de cette semaine, alors que le pétrole s'est effondré ces derniers jours, sur fond de crise du coronavirus... Les cours ont en effet plongé lundi de près de 25%, après avoir déjà perdu 10% vendredi, dans la foulée de l'échec de la réunion de l'Opep+ à Vienne. Les deux principales variétés de pétrole (le Brent de Mer du Nord et le WTI) abandonnent désormais de près de 40% depuis le début de l'année malgré leur rebond technique d'hier mardi...

La perte de lundi est même la pire journée accusée par l'or noir depuis la première guerre du Golfe en 1991.

"La variation que l'on a observé le week-end dernier va se retrouver à la pompe... Je considère que si le prix du brut perd 10%, le prix à la pompe baisse de 3%", a expliqué à Europe 1 Olivier Gantois, le président de l'Union des industries pétrolières de France. Il rappelle qu'à la pompe, "vous avez 2/3 de taxes qui représentent environ 1 euro par litre, et qui ne varient pas".

Mais difficile pour le moment de savoir si les pétroliers répercuteront la totalité de la baisse des prix du brut ou seulement une partie...

Déjà en baisse

Le carburant a déjà baissé en France, avec un repli d'environ 13 centimes depuis le début de l'année, et même de 3 centimes sur la seule semaine dernière... Selon les dernières données du ministère de la Transition écologique et solidaire, le prix du gazole (le carburant le plus vendu) a atteint 1,3613 euro par litre, soit moins 3,02 centimes par rapport à la semaine précédente - il s'agit d'un plus bas depuis fin 2017.

L'essence super sans plomb 95 s'affiche également en baisse, à 1,4589 euro, soit un recul de 2,96 centimes...

Effondrement des cours

Vendredi, après de longues tractations, la Russie a refusé la proposition de l'Opep, menée par l'Arabie saoudite, qui avait recommandé aux pays de l'alliance dite Opep+ de prolonger leur accord jusqu'à la fin 2020, et d'abaisser leur production commune de 1,5 million de barils par jour supplémentaires.

Au cours du week-end, l'Arabie saoudite a annoncé une baisse drastique du prix de vente officiel de toutes ses qualités de brut vers toutes les destinations, déclenchant de fait une guerre des prix.

Selon des sources citées par 'Reuters', Riyad a l'intention de produire en avril plus de 10 millions de barils par jours, contre 9,7 mbj ces derniers mois. Dans un marché mondial en excès d'offre, avant même l'épidémie de Covid-19, la perspective d'une hausse de l'offre de pétrole provoque donc un effondrement des cours...

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