Coronavirus : vers une contraction de 1% du PIB en France en 2020

Coronavirus : vers une contraction de 1% du PIB en France en 2020
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Boursier.com, publié le mardi 17 mars 2020 à 22h46

Les mesures supplémentaires annoncées par Emmanuel Macron pour répondre au risque sanitaire et sauvegarder l'économie française devraient atténuer l'ampleur de la récession.

Moins de casse que l'on pourrait le craindre ? La contraction du produit intérieur brut (PIB) de la France pourrait être limitée à 1% en 2020 grâce aux mesures de soutien à l'activité et aux finances des entreprises annoncées par l'Etat, estime la banque néerlandaise ING.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a donné le même chiffre mardi matin au micro de 'RTL', en estimant que cette prévision de -1% est un chiffre provisoire. "La zone euro sera également en récession", a ajouté M. Le Maire.

Selon Julien Manceaux, économiste senior d'ING, les mesures supplémentaires annoncées lundi par le président Emmanuel Macron pour répondre au risque sanitaire et sauvegarder l'économie française devraient atténuer l'ampleur de la récession. "Même s'il est trop tôt pour en être certain, ces mesures pourraient limiter la récession à 1% du PIB sur l'ensemble de 2020", lit-on dans une note publiée mardi.

Vers une récession technique

Emmanuel Macron s'est notamment engagé à ce que les entreprises françaises bénéficient de 300 milliards d'euros de garanties d'État pour leurs crédits, rappelle Julien Manceaux. De quoi permettre à l'économie française de rebondir après une récession technique, à savoir deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, estime-t-il.

Les 300 milliards d'euros de garanties représentent 17% de la dette des entreprises non financières françaises, qui s'élève actuellement à 75% du PIB, souligne l'économiste d'ING.

L'ensemble des mesures annoncées jusqu'à présent, qui permettent aussi aux entreprises de différer le paiement de leurs impôts pendant un mois, sont temporairement chiffrées à 45 milliards d'euros par le gouvernement et représentent 2% du PIB.

Que fait l'Europe ?

Si les mesures annoncées par la France vont dans le bon sens, une réponse européenne massive et coordonnée se fait toujours attendre, relève Julien Manceaux.

"La réaction nationale se place dans un contexte européen où la France et l'Allemagne n'ont pas pu parvenir à une action coordonnée au niveau de l'Eurogroupe ces dernières heures : pas d'utilisation du budget commun, ni de création d'instruments financiers communs, ni de mise à contribution particulière du Mécanisme européen de stabilité (MES)", écrit-il.

Le ministre des Finances allemand, Olaf Scholz, juge dans un entretien publié mardi par le quotidien 'Handelsblatt' qu'il est "prématuré" d'envisager de recourir au MES en vue d'aider les pays de la zone euro fragilisés par l'épidémie.

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