Covid-19: Castex exhorte au respect du confinement, tente d'apaiser les petits commerces

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Des policiers municipaux dans un cimetière de Strasbourg le 1er novembre 2020, jour de la Toussaint et 3e jour du confinement
Des policiers municipaux dans un cimetière de Strasbourg le 1er novembre 2020, jour de la Toussaint et 3e jour du confinement
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© AFP, FREDERICK FLORIN

AFP, publié le dimanche 01 novembre 2020 à 21h31

Le Premier ministre a exhorté les Français dimanche au respect du confinement, "indispensable" pour en sortir au plus vite, et annoncé la fermeture des rayons non essentiels dans les grandes surfaces pour apaiser la colère des petits commerces.

"Les Français râlent, les Français sont dans la difficulté" et "je comprends la lassitude de nos concitoyens, je comprends les difficultés des uns et des autres", a déclaré Jean Castex au 20H de TF1.

Mais il faut que "nous soyons extrêmement vigilants, que nous respections ce confinement: il en va de la survie de l'économie, il en va de notre santé collective", a-t-il ajouté.

"Mieux vous respecterez les règles aujourd'hui (...), plus vite nous pourrons en sortir", a encore insisté le Premier ministre, évoquant la fin du confinement prévue pour l'instant le 1er décembre "s'il a, comme nous l'espérons, produit ses effets".

Dans un entretien au Journal du dimanche (JDD), le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà prévenu que quelle que soit la situation Noël cette année "ne sera pas une fête normale".

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement, a averti que le nombre d'hospitalisations et d'entrées en service de réanimation "va grimper" au cours des prochains jours. "On ne peut pas l'empêcher", puis cela "va redescendre, revenir là où on en est aujourd'hui dans à peu près un mois", a-t-il ajouté lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.  

Pour lui, il faudrait deux mois de confinement pour freiner drastiquement la circulation du virus, ce qui prolongerait les restrictions à la période des fêtes de fin d'année.

- Reprise de l'école -

Les projections de l'Institut Pasteur, communiquées samedi à l'AFP, évaluent à 6.000 le nombre de patients en réanimation vers la mi-novembre, si le reconfinement produit le même ralentissement des contaminations qu'au printemps.

Dimanche, le nombre de malades du Covid-19 en réanimation et soins intensifs --une donnée cruciale à surveiller pour éviter un engorgement des hôpitaux-- a dépassé les 3.500, à 3.569, avec 289 nouvelles admissions en 24 heures.


Dans ce contexte anxiogène, l'école reprend lundi. Car contrairement au confinement du printemps, les établissements scolaires ne fermeront pas leurs portes. Du moins pour le moment. M. Véran a estimé "possible" que les lycées referment si les mesures prises ces derniers jours pour freiner l'épidémie ne sont pas "suffisamment efficaces". "Nous adapterons les règles en fonction de ces données", a-t-il dit au JDD.

Quoi qu'il en soit, outre de nouvelles contraintes sanitaires à l'école (dont le port du masque étendu aux enfants de l'élémentaire), la rentrée s'effectuera dans des conditions très particulières, pour ce premier retour des élèves et professeurs depuis l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

- Rayons non essentiels fermés -

Du côté des petits commerçants, la colère ne faiblit pas. Avec ce nouveau confinement, les restaurants, bars et commerces jugés "non essentiels" doivent garder le rideau baissé. A quelques semaines des fêtes de fin d'années, les petits commerces qui vendent jouets ou livres dénoncent la concurrence déloyale des grandes surfaces - autorisées à rester ouvertes - et des plateformes en ligne, dont Amazon.

Face à cette bronca des commerçants et de nombreux maires, "nous ne reviendrons pas sur les mesures annoncées, c'est beaucoup trop tôt", a répondu le Premier ministre, qui s'est entretenu dimanche en visioconférence avec les fédérations professionnelles (Medef, CPME, Union professionnelle des petits commerçants) et les associations de commerçants de proximité.

Toutefois, il a annoncé la fermeture à partir de mardi des rayons non essentiels dans les grandes surfaces.

Une décision qui risque de mécontenter la grande distribution, dont la fédération avait fait part quelques heures plus tôt de sa "totale incompréhension" et de son "opposition" à une fermeture des rayons non alimentaires.

La fronde des petits commerces est soutenue par des maires de plusieurs villes petites et moyennes qui ont pris des arrêtés autorisant l'ouverture des commerces non alimentaires sur leur commune. Des "maires irresponsables" qui "menacent la santé des Français", pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Durement touchés au printemps, de nombreux commerçants sont entrés avec appréhension dans cette nouvelle mise sous cloche malgré un assouplissement qui leur permet de rester ouverts pour le retrait de commandes en magasin. Ils craignent notamment de rater la période de Noël, au profit du commerce en ligne et des grandes surfaces. 

Pour ce confinement deuxième version, dont les modalités seront revues tous les 15 jours en fonction de l'évolution des indicateurs sanitaires, on ne peut "prendre l'air" que pendant une heure maximum et dans un rayon d'un kilomètre autour de son domicile. Les dérogations permettent aussi d'aller faire ses courses, d'aller chez le médecin, d'amener ses enfants à l'école, etc.

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