Covid-19 : des résultats le 14 mai pour l'essai européen Discovery ?

Covid-19 : des résultats le 14 mai pour l'essai européen Discovery ?
médecine hôpital

Boursier.com, publié le lundi 04 mai 2020 à 23h21

L'essai clinique européen Discovery, piloté par l'Inserm, a peiné à se mettre en place. Lancé le 22 mars, ce test de 4 traitements potentiels du coronavirus, devrait livrer ses premières conslusions le 14 mai, a annoncé Emmanuel Macron.

Lancé le 22 mars dernier par la France et 6 autres pays européens, l'essai clinique Discovery a eu du mal à se mettre en place à grande échelle. Ses premiers résultats, attendus initialement à la fin mars, puis à la mi-avril, seront finalement présentés le 14 mai, a annoncé lundi Emmanuel Macron.

Cet essai clinique censé enrôler 3.200 patients (dont 800 en France) porte sur 4 traitements potentiels du coronavirus Covid-19, un 5e groupe de patients recevant des soins standards. Le chef de l'Etat a cependant souligné dans une intervention télévisée qu'"à ce stade, il faut être très prudent, on n'a rien de concluant".

"Ce matin, on ne m'a pas dit: 'on va avoir un traitement disponible dans 15 jours'", a-t-il encore mis en garde. "Mais, on aura une étape importante la semaine prochaine et je pense que cette famille d'essais thérapeutiques est très importante, qu'il faut la protéger, et continuer de l'accompagner."

Cet essai piloté par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a pour but de tester, sur des patients atteints de formes sévères du coronavirus 4 traitements : l'hydroxychloroquine, le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l'interféron bêta.

La coopération européenne mise à mal

Au total, quelque 3.200 patients européens devaient être inclus dans l'étude, qui associe la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne. Dans son volet français, l'essai devait inclure au moins 800 patients atteints de formes sévères du coronavirus.

Parallèlement, la semaine dernière, un essai clinique américain a conclu à l'efficacité du remdesivir (du laboratoire américain Gilead Sciences), et dans la foulée, l'agence américaine du médicament, la FDA, a autorisé vendredi 1er mai son utilisation en urgence par les hôpitaux américains.

En Europe, la mise en oeuvre de Discovery s'est avérée plus difficile que prévu, au point que l'un de ses responsables français, le professeur Yazdan Yazdanpanah, a estimé que "sur les essais cliniques", l'Europe est "un échec". Dans une tribune publiée dans "Le Monde" samedi, l'infectiologue-épidémiologiste à l'hôpital Bichat à Paris a regretté que "chaque pays travaillé pour lui".

740 patients français recrutés, les autres pays rechignent

"On a beaucoup de mal à coopérer", a-t-il expliqué, précisant qu'à cette date, seul le Luxembourg a rejoint la France, et seulement depuis le 30 avril... En France, sur les 800 recrutements prévus sur le territoire national, Yazdan Yazdanpanah estime avoir atteint la barre des 740 personnes.

Les résultats à venir, le 14 mai, porteront donc sur un échantillon de malades bien plus réduit qu'initialement prévu, ce qui pourrait rendre leurs conclusions moins probantes que sur des groupes plus importants.

Cette affaire illustre la difficile coopération européenne depuis le début de la crise du coronavirus, tant sur le plan sanitaire que dans le domaine du soutien financier aux pays les plus touchés par le Covid-19.

Divergences réglementaires, politiques et financières

Pour Discovery, les raisons de l'échec sont nombreux, à commencer par une insuffisance de discussions en amont, la présence de régulations différentes entre Etats européens et la volonté de plusieurs pays de mener leurs propres études ("Recovery" au Royaume-Uni) ou de participer en priorité à un essai clinique mondial piloté par l'OMS et baptisé "Solidarity", dont les règles de participation sont moins contraignantes.

Enfin, l'essai Discovery, parce qu'il couvre 4 traitements plus un groupe témoin, coûte cher, environ 5.000 euros par patient. La France a pu dégager les quatre millions nécessaires à l'inclusion de ses 800 malades, mais les financements n'ont pas suivi ailleurs en Europe. Selon des sources citées par 'France Inter', la Commission européenne pourrait bientôt intervenir et débloquer un financement pour lancer l'essai dans les autres pays européens.

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