Covid-19 : l'"ambitieux" plan franco-allemand salué par Christine Lagarde

Covid-19 : l'"ambitieux" plan franco-allemand salué par Christine Lagarde
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Boursier.com, publié le lundi 18 mai 2020 à 23h55

La patronne de la BCE juge "bienvenu" le projet d'Emmanuel Macron et Angela Merkel d'un fonds de relance paneuropéen de 500 MdsE face à la crise du Covid-19. Elle salue l'"esprit de solidarité et de responsabilité" de la chancelière allemande.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a qualifié d''"ambitieux, ciblé et bienvenu" le plan de soutien de 500 milliards d'euros proposé lundi par Angela Merkel et Emmanuel Macron.

Ce projet de soutien commun, qui sera financé par le budget européen, va dans le sens d'un rétablissement nécessaire de la "symétrie entre les pays" dans la sortie de la crise provoquée par la pandémie de coronavirus, a estimé la banquière centrale européenne dans une interview à paraître mardi dans plusieurs quotidiens européens, dont 'Les Echos'.

Une dette commune européenne pour faire face à la crise du Covid-19

A l'issue d'une visioconférence, le président français et la chancelière allemande ont publié lundi une déclaration commune proposant "la création d'un Fonds de relance ambitieux, temporaire et ciblé" dans le cadre du prochain budget de l'UE, et doté "de 500 milliards d'euros".

Le plan, qui envisage pour la première fois d'émettre une dette commune aux pays de l'UE, sera mis en place par la Commission européenne, qui financera ce soutien à la relance en empruntant sur les marchés "au nom de l'UE", précise la déclaration commune du couple franco-allemand. La Commission transférera ensuite cet argent "aux Etats, régions et secteurs qui ont été le plus affectés" par la pandémie due au coronavirus.

"Esprit de solidarité et de responsabilité"

"Les propositions franco-allemandes sont ambitieuses, ciblées et bienvenues. Elles ouvrent la voie à un emprunt à long terme effectué par la Commission européenne, et surtout, elles permettent l'attribution d'aides budgétaires directes conséquentes en faveur des Etats membres les plus touchés par la crise", a estimé Christine Lagarde dans cette interview également accordée au quotidien italien Corriere della Sera, au quotidien allemand Handelsblatt et au journal espagnol El Mundo.

"Cela témoigne de l'esprit de solidarité et de responsabilité évoqués par la chancelière (Angela Merkel) la semaine dernière. Il ne peut y avoir de renforcement de la solidarité financière sans une plus grande coordination de décisions au niveau européen", a poursuivi Mme Lagarde.

La proposition franco-allemande constitue un tournant dans la position de l'Allemagne, qui était jusqu'à présent ouvertement opposée à l'idée de mutualiser la dette européenne. Elle doit toutefois encore être approuvée par la Commission européenne et l'ensemble des 27 pays de l'Union, dont certains pourraient renâcler, notamment les Pays-Bas et des pays d'Europe du nord

Une chute du PIB de 15% envisagée au 2e trimestre dans la zone euro

Christine Lagarde a souligné le choc économique "considérable" et "inégalé en temps de paix" provoqué par la pandémie de Covid-19. Les scénarios de la banque centrale européenne prévoient une récession de 5% à 12% pour la zone euro cette année, avec une hypothèse centrale à 8%.

La patronne de la BCE a précisé que l'institution reverra ces projections le 4 juin. "Mais nous anticipons, dans le scénario le plus sévère, une chute du produit intérieur brut de 15% sur le seul deuxième trimestre", a-t-elle indiqué. Dans ces conditions, "il est donc important que tous les pays redémarrent dans de bonnes conditions en utilisant tous les outils disponibles", a-t-elle poursuivi.

Revoir et simplifier le Pacte de stabilité et de croissance

Christine Lagarde a par ailleurs estimé que "cette crise est une bonne occasion de moderniser les modalités du Pacte de stabilité et de croissance, aujourd'hui suspendu".

"Pour évaluer la soutenabilité de la dette, il ne faut pas se focaliser sur le niveau de dette sur PIB. Il faut prendre en compte le niveau de croissance, et les taux d'intérêt en vigueur. Ces deux éléments sont déterminants", a-t-elle affirmé.

"Je crois, a-t-elle ajouté, que les termes du Pacte de stabilité et de croissance devront être revus et simplifiés avant que l'on songe à le réinstaurer, lorsque nous serons sortis de cette crise."

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