Covid-19 : un "impact de 0,1 point" sur la croissance, selon Bruno Le Maire

Covid-19 : un "impact de 0,1 point" sur la croissance, selon Bruno Le Maire©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 13 février 2020 à 11h29

Selon le ministre de l'Economie, l'épidémie de coronavirus risque de coûter 0,1 point de croissance à la France en 2020. Si la situation ne s'améliore pas, l'impact pourrait être plus important.

Alors que la Chine vient d'annoncer ce jeudi quelque 15.000 contaminations supplémentaires, et 242 décès en 24 heures, le ministre de l'Économie et des finances Bruno Le Maire, invité de 'BFMTV-RMC', a donné ses premières estimations concernant l'impact du coronavirus, désormais baptisé "Covid-19" par l'OMS.

"Admettons que nous ne soyons pas trop loin du pic , notre évaluation c'est que l'impact sera de l'ordre de 1 point de croissance en moins sur l'année pour la Chine. Ce qui voudra dire 0,2% de croissance en moins au niveau mondial, et 0,1% de croissance en moins pour la France. C'est un impact réel", a-t-il affirmé.

Dans le cas où l'épidémie persiste, "bien entendu, l'impact sera plus important", a poursuivi le ministre, qui dit se baser sur les les évaluations réalisées par son ministère.

L'économie chinoise au ralenti

Pour compléter ses propos, Bruno Le Maire a d'ailleurs rappelé qu'"en 2003, quand il y eu l'épisode de Sras, la Chine c'était à peu près 8% de la richesse mondiale, aujourd'hui c'est près de 20%".

"Quand vous voulez vous fournir en câblage, en pédales de freins, vous vous adressez à des entreprises qui sont en Chine. Le fait que l'économie chinoise tourne au ralenti pose des problèmes sur beaucoup de chaînes de valeur dans nombre de secteurs industriels", a-t-il ainsi averti.

Huawei écarté de la 5G ?

Par ailleurs, Bruno Le Maire est également revenu sur la possible mise à l'écart du Chinois Huawei dans la course aux équipements des télecoms avec l'arrivée de la 5G en France. Alors que l'Arcep doit décider de l'attribution des licences ce mois-ci, le gouvernement et l'Anssi auraient en effet hésité à donner à la fin du mois un accès complet ou restreint à l'entreprise de Shenzhen.

Le ministre a estimé qu'il était normal que "l'État français prennent des précautions pour garantir nos intérêts de souveraineté. Cela ne veut pas dire qu'il y ait discrimination. Quand vous avez un site critique comme une centrale nucléaire, une installation militaire, il est normal que nous les protégions", a-t-il expliqué, avant d'assurer que "Huawei pourra continuer en France et ne sera pas écarté de la 5G". Toutefois, "nous mettrons un certain nombre de restrictions pour protéger nos intérêts de souveraineté", a-t-il conclu.

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