Covid-19: un million de vaccinés en France, tests PCR aux frontières étendus aux Européens

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Préparation d'une dose de vaccin à l'Institut Pasteur à Paris, le 21 janvier 2021
Préparation d'une dose de vaccin à l'Institut Pasteur à Paris, le 21 janvier 2021
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© AFP, Christophe ARCHAMBAULT

AFP, publié le samedi 23 janvier 2021 à 22h22

Un million de personnes ont été vaccinées contre le coronavirus en France, qui va étendre, dans la nuit de samedi à dimanche, à une partie des voyageurs européens l'obligation de présenter un test négatif pour entrer dans le pays.

Le gouvernement, qui espère encore contrer la pression croissante dans les hôpitaux et éviter un troisième confinement, avait fixé pour la fin du mois de janvier l'objectif du million de vaccinés.

Samedi, en milieu d'après-midi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que c'était chose faite, quatre semaines après le début de la campagne.

Plus tôt dans la journée, la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher se disait "raisonnablement confiante" que la France dépasse son objectif de vacciner "15 millions de personnes" d'ici au mois de juin.


Elle s'était également voulue rassurante quant aux livraisons de doses : "Nous avons de nouveaux vaccins qui arrivent, nous avons Pfizer qui augmente ses capacités de production", ajoutait-elle sur France Inter.

De son côté, la Haute autorité de la santé (HAS) a qualifié samedi de "raisonnable" la possibilité d'espacer de six semaines l'injection des deux doses des vaccins contre le Covid (au lieu de trois à quatre semaines actuellement), afin de protéger les plus vulnérables et faire face à la "flambée épidémique".

L'allongement du délai d'injection permettra d'"accélérer l'administration de la première dose aux personnes les plus vulnérables", soit, selon les projections de la HAS, au moins 700.000 personnes supplémentaires "qui seraient protégées par le vaccin" sur le premier mois d'application de cette mesure.

A l'échelle individuelle, "le risque de perte d'efficacité" du vaccin entre deux doses "paraît limité", indique la HAS. 

Concernant des retards de livraison, dont l'américain Pfizer avait fait état pour son vaccin développé avec l'allemand BioNTech, Mme Pannier-Runacher a assuré qu'il y avait eu "un ralentissement la semaine dernière, mais qui est rattrapé". AstraZeneca (dont le vaccin attend le feu vert des autorités européennes, prévu pour fin janvier) a prévenu d'"une baisse de rendement" sur un site de production.

- Contrôles aux ports et aéroports -

En parallèle, les consignes se multiplient sur un renforcement des gestes barrières, et l'obligation de présenter un test PCR négatif réalisé 72 heures avant pour entrer sur le territoire sera étendue dans la nuit de samedi à dimanche.

Les voyageurs en provenance d'un pays extérieur à l'Union européenne doivent déjà présenter un test PCR négatif, et ce depuis la mi-janvier. Dès minuit, ce sera également le cas des voyageurs européens.

Les contrôles auront lieu dans les ports et aéroports principalement, soit actuellement quelque 62.000 personnes par semaine selon le ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari. Les travailleurs frontaliers et le transport terrestre en seront exemptés.

Face au variant anglais, bien plus contagieux, l'hypothèse d'un troisième confinement est de plus en plus évoquée, même si le ministre de la Santé, Olivier Véran, disait cette semaine vouloir "donner sa chance" au couvre-feu, fixé à 18H00 dans tout l'Hexagone depuis le 16 janvier.

Ce variant anglais, présent en France, est plus contagieux que les mutations précédentes du virus selon plusieurs études. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré vendredi qu'il semblait aussi plus létal (risque accru de décès pour le patient infecté).

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique ne pas avoir encore pris connaissance des nouveaux éléments britanniques et n'avoir pas constaté pour l'instant que ce variant était plus mortel.

Les autorités sanitaires scrutent les données hospitalières quotidiennes. Or les chiffres montrent une pression toujours forte sur les services. Samedi, les hôpitaux comptaient 25.864 patients atteints du Covid-19, dont 2.886 en réanimation (les cas les plus graves). Une semaine auparavant, ils étaient 24.985 patients hospitalisés, dont 2.731 en "réa". Sur les sept derniers jours, ce sont près de 11.000 malades qui sont entrés à l'hôpital.

Quant aux masques, les consignes divergent. Le gouvernement appelle la population à bannir certains masques en tissu, dont ceux faits maison, jugés pas assez filtrants. L'Académie de médecine estime que ce principe de précaution "manque de preuve scientifique" et qu'"un tel changement des recommandations concernant une pratique avec laquelle l'ensemble de la population avait réussi à se familiariser risque de susciter de l'incompréhension".

L'OMS ne prévoit pas de changer ses recommandations sur les masques: ceux "en tissu, non chirurgicaux, peuvent être utilisés par toutes les personnes âgées de moins de 60 ans qui ne présentent pas des problèmes de santé particuliers".

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