Covid-19 : une annulation de la dette est "inenvisageable", affirme Christine Lagarde

Covid-19 : une annulation de la dette est "inenvisageable", affirme Christine Lagarde
procès CJR décembre 2016

Orange avec Boursier.com, publié le lundi 08 février 2021 à 15h56

Une annulation est "légalement impossible, ce serait une violation du traité de la zone euro", a estimé la présidente de la Banque centrale européenne...

Une annulation est "légalement impossible, ce serait une violation du traité de la zone euro", a estimé la présidente de la Banque centrale européenne...

Christine Lagarde exclut toute annulation des dettes publiques détenues par la BCE... Alors que cette idée a resurgi la semaine dernière à l'appel d'un collectif de plus de 100 économistes, la présidente de la Banque centrale européenne a mis fin au débat dans un entretien accordé au 'JDD', jugeant la proposition "inenvisageable" car elle violerait le traité européen.

Cette annulation est "légalement impossible, ce serait une violation du traité de la zone euro", a-t-elle réaffirmé dimanche sur 'BFM Business', avant de rappeler : "ce traité dit que l'on ne peut pas faire tourner la planche à billets pour financer la dépense des Etats".

Ainsi, annuler la dette publique "contreviendrait à l'article 123", alors qu'"il n'y pas unanimité des Etats membres à ma connaissance pour réviser le traité", a encore justifié Christine Lagarde. "Les Français savent bien qu'une dette ça se rembourse, et ne pas rembourser ça coûte très cher", a-t-elle ajouté.

"Cela coûtera beaucoup plus cher de se refinancer"

Pour la présidente de la BCE, remettre "en cause la signature française" risque d'atteindre la confiance des investisseurs, "alors que 70% de la dette n'est pas détenue par l'eurosystème". "Cela coûtera beaucoup plus cher de se refinancer", a-t-elle estimé.

Pour rappel, près de 150 économistes de 13 pays européens, dont Thomas Piketty et l'ancien ministre belge Paul Magnette, ont lancé un appel, dans une tribune parue dans le 'Monde' vendredi dernier, à annuler les dettes publiques détenues par la BCE pour faciliter la reconstruction sociale et écologique après l'épidémie de Covid-19.

Alors que l'endettement public a fortement augmenté pour protéger les ménages et les entreprises, "les citoyens découvrent, pour certains avec effarement, que près de 25% de la dette publique européenne est aujourd'hui détenue par leur banque centrale", ont souligné les économistes.

"L'annulation n'est pas explicitement interdite "

"Nous nous devons à nous-mêmes 25% de notre dette et si nous remboursons cette somme, nous devrons la trouver ailleurs, soit en réempruntant pour faire rouler la dette au lieu d'emprunter pour investir, soit en augmentant les impôts, soit en baissant les dépenses", ont-ils poursuivi, affirmant de leur côté que "l'annulation n'est pas explicitement interdite par les traités européens".

En contrepartie, les Etats devront s'engager à "investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale", ajoutent les économistes, rappelant que "ces montants s'élèvent aujourd'hui, pour l'ensemble de l'Europe, à près de 2.500 milliards d'euros".

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