Covid-19 : Véran écarte la piste d'un allongement du délai entre les deux doses du vaccin de Pfizer

Covid-19 : Véran écarte la piste d'un allongement du délai entre les deux doses du vaccin de Pfizer
Ministre de la Santé, Olivier Véran. Vaccin contre le Covid-19.

Orange avec Boursier.com, publié le mardi 26 janvier 2021 à 13h03

"Je maintiens sur la base des informations dont je dispose le délai d'injection entre deux injections Pfizer à 21 ou 28 jours", a affirmé le ministre de la Santé...

"Je maintiens sur la base des informations dont je dispose le délai d'injection entre deux injections Pfizer à 21 ou 28 jours", a affirmé le ministre de la Santé...

Le délai d'injection entre les deux doses du vaccin de Pfizer contre le Covid-19 ne sera pas allongé en France. Lors d'une conférence de presse ce mardi, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est en effet opposé à l'idée d'aller à 42 jours d'espacement entre deux doses de vaccins, allant ainsi l'encontre de l'avis de la Haute Autorité de Santé.

Dans un rapport publié le 23 janvier dernier, la HAS recommandait pour rappel d'espacer "de six semaines l'injection de deux doses de vaccins, au lieu de trois à quatre semaines actuellement", pour accélérer la protection de la population, surtout face à l'apparition de variants plus contagieux.

S'il estime le débat "légitime" pour fournir une première protection à un plus grand nombre de personnes, Olivier Véran a toutefois écarté cette idée en raison des risques potentiels d'une telle décision. "Nous ne touchons pas au délai d'injection du vaccin Pfizer", a-t-il ainsi affirmé.

"Une part d'inconnues et d'incertitudes"

Accompagné du professeur d'immunologie, chargé de conseiller le gouvernement sur la campagne de vaccination, Alain Fischer, le ministre de la Santé a néanmoins observé une "absence de consensus scientifique" sur une telle mesure, reconnaissant être "face à une part d'inconnues et d'incertitudes".

"Je fais donc le choix de la sécurité des données validées et dont on maîtrise la pleine compréhension" et "je maintiens donc sur la base des informations dont je dispose le délai d'injection entre deux injections Pfizer à 21 ou 28 jours", a-t-il insisté, soulignant la "faiblesse des connaissances scientifiques" et l'"absence de données" sur de nombreux points.

Selon lui, un allongement du délai permettrait certes, à court terme, à plus de personnes de recevoir une première dose mais que cela aurait un "impact mineur sur le rythme de la vaccination", à deux ou trois mois. "Fin mars, début avril, le nombre de personnes vaccinées serait le même", a également confirmé Alain Fischer.

"Les conséquences d'un espacement, on ne les connaît pas du tout"

Par ailleurs, l'immunologue a insisté sur les "quelques éléments de signaux d'alerte" quant à l'efficacité dans la durée de la première dose, notamment chez les personnes âgées, les plus fragiles. "Les conséquences d'un espacement, on ne les connaît pas du tout" sur le niveau de protection des personnes vaccinées même après l'injection du rappel, ce qui pourrait poser problème face à des nouveaux variants plus dangereux, a-t-il prévenu.

"L'argument relatif au variant mis en avant pour espacer les doses peut être au contraire utilisé pour maintenir l'espacement à pas plus de 28 jours", affirme Alain Fischer, soulignant la "complexité de l'analyse". Un autre vaccin, produit par Moderna, est aussi disponible en France comme dans le reste de l'Union européenne. L'Agence européenne des médicaments devrait également rendre vendredi son avis sur un troisième fabriqué par AstraZeneca.

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