Covid-19 : vers une récession historique en Europe en 2020

Covid-19 : vers une récession historique en Europe en 2020
Drapeau union européenne

Boursier.com, publié le mercredi 06 mai 2020 à 23h35

La Commission européenne s'attend en 2020 à la pire récession depuis les années 1930, qui affectera davantage les pays du Sud de l'Europe que ceux du Nord. En cas de "2e vague" de coronavirus, la situation pourrait encore empirer.

La Commission européenne vient de publier ses prévisions économiques de printemps, qui ont cette année des accents d'hiver glacial, en raison de la crise du coronavirus. Bruxelles s'attend ainsi à un plongeon du PIB de la zone euro de 7,7% cette année, et de 7,4% dans l"ensemble de l'Union européenne.

"Malgré la rapidité avec laquelle les pouvoirs publics ont réagi en adoptant, au niveau national comme au niveau européen, un arsenal complet de mesures, l'économie de l'UE subira cette année une récession d'une ampleur historique", a ainsi prévenu mercredi la Commission sur son site internet.

Choc sans précédent depuis la Grande dépression

Les pays du Sud de l'Europe souffriront davantage que ceux du Nord, et le taux de chômage devrait grimper à 9,6% dans la zone euro à la fin 2020, en hausse de deux points par rapport à fin 2019. En résumé, la récession sera "profonde et inégale" et la reprise s'annonce "incertaine", prévient Bruxelles...

En présentant ce sombre tableau, Paolo Gentiloni, le commissaire européen en charge des Affaires économiques et monétaires, a évoqué un "choc économique sans précédent depuis la Grande dépression" de 1929. En outre, la Commission a prévenu qu'il plane encore une "incertitude exceptionnellement élevée" sur l'avenir. La récession pourrait ainsi s'aggraver encore, si une nouvelle vague de coronavirus frappait l'Europe après les déconfinements actuellement mis en oeuvre.

Un plongeon en 2020, suivi d'un rebond partiel

Selon la Commission, les pays les plus touchés seront la Grèce (-9,7% pour le PIB en 2020), l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-9,4%), tandis que les moins affectés seront la Pologne (-4,3%), le Luxembourg (-5,4%) et l'Autriche (-5,5%).

La France se situe dans le bas du tableau avec une récession prévue à -8,2%, (qui correspond aux dernières prévisions du gouvernement français), tandis que l'Allemagne s'en sort mieux avec un recul de 6,5% du PIB anticipé. Fin 2020, le taux de chômage franchirait la barre des 10% en France, contre 8,5% à fin 2019, tandis qu'en Allemagne, ce taux passerait de 3,2% à 4%.

La croissance devrait rebondir fortement en 2021 avec un rebond de 6,3% dans la zone euro et de 6,1% dans l'Union européenne, mais la Commission prévoit qu'il faudra deux ans pour que le PIB de l'UE retrouve son niveau antérieur à la crise du coronavirus. L'économie allemande devrait rebondir l'an prochain de 5,9% et celle de la France devrait regagner 7,4%.

La dette de la France à 116% et celle de l'Allemagne à 75,6%

Entre-temps, le taux de chômage s'envolera et les comptes publics seront dégradés davantage par les plans de soutiens budgétaires massifs mis en place par les gouvernements européens. La dette de la France devrait dépasser allègrement la barre des 100% de PIB avec un ratio de 116% à la fin 2020 contre 98% à la fin 2019.

L'Italie verrait sa dette publique augmenter encore plus dangereusement à 158% du PIB contre 134% fin 2019. Bien moins endettée, l'Allemagne verrait sa dette globale monter à 75,6% du PIB fin 2020, contre moins de 60% à la fin 2019.

L'inflation au ralenti, malgré la hausse de certains produits

La Commission prévoit en outre un ralentissement brutal de l'inflation, en raison de la baisse de la demande et du plongeon des cours du pétrole. Selon l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), l'inflation dans la zone euro est maintenant attendue à 0,2% en 2020 et à 1,1% en 2021, très loin de l'objectif de la Banque centrale européenne, qui vise une hausse des prix proche de 2%.

Selon Bruxelles, les facteurs déflationnistes devraient plus que compenser la hausse des prix de certains produits qui pourrait être provoquée par des ruptures d'approvisionnement liées à la pandémie de coronavirus.

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