Covid: Sanofi va aider un autre concurrent à produire un vaccin et lance un nouvel essai

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Sur le site de Sanofi à Val-de-Reuil, en Normandie, le 10 juillet 2020
Sur le site de Sanofi à Val-de-Reuil, en Normandie, le 10 juillet 2020
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© AFP, JOEL SAGET

AFP, publié le lundi 22 février 2021 à 13h57

Sanofi va produire en France le vaccin contre le Covid-19 de son concurrent américain Johnson & Johnson, comme il s'apprête également à le faire pour Pfizer-BioNTech, faute de pouvoir proposer à ce stade son propre vaccin pour lequel il a lancé un nouvel essai clinique lundi.

"Sanofi prendra en charge plusieurs étapes de la fabrication du vaccin contre la Covid-19 de Johnson & Johnson à partir du troisième trimestre de 2021", le temps d'acquérir, d'installer et de qualifier ses installations pour le vaccin à vecteur viral du concurrent américain, a annoncé le laboratoire français dans un communiqué.

Il se chargera de la formulation et du remplissage des flacons sur son site de Marcy-l'Etoile, près de Lyon, "en 2021, à un rythme d'environ 12 millions de doses par mois".

"Notre ambition, c'est d'en faire le plus possible, si on peut en faire plus pourquoi pas", a précisé à l'AFP Thomas Triomphe, vice-président exécutif de Sanofi Pasteur, la branche vaccins du groupe. 

Une annonce saluée par le président de la République française: "Nous devons accélérer ensemble la production de vaccins via des partenariats industriels. Tout en poursuivant sa recherche, Sanofi va prendre en charge plusieurs étapes de fabrication du vaccin de Johnson & Johnson pour répondre rapidement à la demande européenne et mondiale", a réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

"On avait travaillé activement pour la production de vaccins sur ce site" de Marcy-l'Etoile, s'est félicité de son côté Pascal Lopez, délégué syndical central FO chez Sanofi. "Tout le travail préparatoire avait commencé énormément en amont dans l'optique d'une production de vaccin Sanofi et aujourd'hui, ce travail n'est pas perdu, c'est ça qui est réjouissant."

Sanofi avait déjà accepté de fabriquer à partir de l'été, dans son usine allemande de Francfort, plus de 125 millions de doses du vaccin à ARN messager mis au point par Pfizer-BioNTech.

L'urgence de la pandémie a fait naître des alliances inattendues entre les entreprises du secteur. Le suisse Novartis, qui lui n'est pas lancé dans la course aux vaccins, s'apprête aussi à produire pour BioNTech.

Pour le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, cet accord avec Johnson & Johnson "témoigne de la détermination de Sanofi à contribuer à l'effort collectif pour mettre fin à cette crise sanitaire le plus rapidement possible" et à faire "preuve de solidarité".

Ces coups de pouce interviennent après que le gouvernement français a demandé à Sanofi de mettre à disposition ses chaînes de fabrication pour accélérer la mise à disposition des doses, très attendues pour tenter de juguler une pandémie qui a fait près de 2,5 millions de morts dans le monde.

"Notre priorité absolue reste la fabrication de notre propre vaccin. Si on fait cette opération avec BioNTech ou Johnson & Johnson, c'est parce qu'on s'est assuré qu'on a par ailleurs la capacité de produire notre propre vaccin", a insisté Thomas Triomphe.

- "Formulation affinée" -

Car s'il a essuyé des revers, le laboratoire français est déterminé à aboutir.

Il a ainsi également annoncé lundi qu'il débutait une nouvelle étude clinique dite "de phase 2" de son principal candidat-vaccin développé avec le britannique GSK et utilisant la technologie de la protéine recombinante, espérant le mettre à disposition au quatrième trimestre. Il était initialement prévu pour l'été 2021.

"Cette nouvelle étude de phase 2 évaluera le potentiel d'une formulation affinée d'antigènes dans le but d'obtenir une réponse immunitaire optimale, en particulier chez les adultes plus âgés", explique-t-il.

La précédente étude de phase 1/2 avait conclu en décembre à une réponse immunitaire insuffisante chez les adultes âgés, "en raison vraisemblablement d'une concentration insuffisante d'antigènes".

Le nouvel essai sera mené sur 720 volontaires de plus de 18 ans aux Etats-Unis, au Honduras et au Panama. Si les données sont positives, une étude de phase 3, dernière étape avant la demande d'une autorisation de mise sur le marché, devrait débuter "en mai-juin" dans un "grand nombre de pays sur plusieurs continents", selon M. Triomphe.

Selon lui, Sanofi a par ailleurs commencé des recherches sur les nouveaux variants et "pouvoir préparer différentes formulations pour aller le plus vite possible quand il y en aura besoin".

Le laboratoire développe également un second candidat-vaccin avec la société américaine Translate Bio, reposant sur la technologie plus récente de l'ARN messager (utilisée par les vaccins déjà autorisés de Pfizer/BioNTech et de Moderna).

"Des données précliniques ont montré que deux injections du vaccin à ARNm induisent la production d'une concentration élevée d'anticorps neutralisants", selon Sanofi, qui entend commencer à tester le vaccin sur des volontaires humains, dans une phase 1/2, en mars.

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