Crise de la livre: le Qatar promet de fournir la Turquie en devises

Crise de la livre: le Qatar promet de fournir la Turquie en devises
L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani (G) et le président turc Recep Tayyip Erdogan (D) le 15 août 2018, à Ankara, en Turquie

AFP, publié le lundi 20 août 2018 à 13h30

Ankara et Doha ont signé un accord d'échanges de devises afin de faciliter le commerce entre les deux pays, au moment où la devise turque est fortement affaiblie par une crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis, a annoncé lundi la banque centrale turque (CBRT).

Un accord d'échange de devises pour un montant maximal de 3 milliards de dollars a été conclu vendredi à Doha avec le Qatar, a déclaré la CBRT dans un communiqué publié lundi.

"L'objectif fondamental de cet accord est de faciliter le commerce bilatéral dans les devises locales et de soutenir la stabilité financière des deux pays", explique le communiqué, précisant que l'échange aura lieu entre des livres turques et des riyals qataris.

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, avait promis la semaine dernière au président turc, Recep Tayyip Erdogan, un programme d'investissements à hauteur de 15 milliards de dollars.

Ce geste survient alors que l'économie turque est secouée par l'effondrement de sa devise, accéléré ces dernières semaines par de vives tensions entre Ankara et Washington et l'annonce de mesures de sanctions réciproques.

Vers 10H45 GMT lundi, la livre turque perdait environ 1,3% face au dollar, par rapport à vendredi 21H00 GMT, évoluant autour de 6,1 livres pour un dollar. 

La monnaie turque a perdu près de 40% de sa valeur depuis le début de l'année.

Le Qatar dispose de 20 milliards de dollars d'investissements en Turquie, selon des chiffres officiels du mois dernier, et Ankara est maintenant l'un des principaux exportateurs vers l'émirat.

De nombreux investisseurs du Qatar pourraient donc être menacés par une crise économique en Turquie. 

La Turquie a par ailleurs apporté un fort soutien au Qatar en 2017 quand ce petit mais richissime émirat gazier a été soumis à un boycott de la part des Saoudiens et de ses alliés, qui lui reprochent ses liens avec des groupes islamistes, dont la confrérie des Frères musulmans, et de ne pas prendre suffisamment ses distances avec l'Iran. 

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