Crise des hôpitaux : François Hollande admet une "part de responsabilité"

Crise des hôpitaux : François Hollande admet une "part de responsabilité"
François Hollande

Boursier.com, publié le lundi 25 mai 2020 à 14h53

L'ancien président a reconnu un manque de renouvellement des masques périmés sous son quinquennat, assurant toutefois avoir contrôlé "à trois moments" le niveau des stocks...

François Hollande fait son mea culpa... Alors que s'ouvre ce lundi un "Ségur de la santé", grande concertation avec les professions soignantes destinée à améliorer les conditions de travail du secteur, l'ancien président de la République a reconnu avoir joué un rôle dans la situation critique que connaissent les hôpitaux en France, avec notamment un manque de "renouvellement" des masques.

"J'ai présidé la France pendant cinq ans, donc j'ai ma part de responsabilité, aussi, dans la situation de l'hôpital", a-t-il expliqué sur 'France Inter' ce lundi. "Depuis des années on a contraint l'hôpital, et j'y ai pris ma part, je ne veux pas du tout m'exclure", a-t-il insisté, tout en critiquant l'absence de contrôles réguliers des stocks depuis 2017.

Pendant son quinquennat, François Hollande dit avoir procédé à "un contrôle du stockage des masques" à "trois moments où il fallait absolument vérifier si le stockage correspondait aux besoins" : lors d'un virus en 2013 (le Mers), lors de l'épidémie d'Ebola et lors des attentats, car "on pouvait imaginer qu'il puisse y avoir l'utilisation de 'je ne sais quel produit' pour terroriser la population".

Des masques "détruits" à partir de 2017

"Peut-être n'y a-t-il pas eu assez, pourrait-on dire, de renouvellement de masques, puisqu'ils se périment... Mais nous avons considéré que le niveau de 750 millions était suffisant dans les trois crises", a poursuivi l'ex-président.

"Quand la crise s'est prononcée, il n'y en avait plus que 140 ou 150 millions. Ça veut dire qu'il a été détruit des masques à partir de 2017 et il n'a pas été reconstitué de stocks de masques suffisants", a-t-il détaillé. Revenant sur les plaintes visant des membres du gouvernement, François Hollande souhaite "qu'il y ait commission d'enquête, transparence, examen contradictoire" sur la question du manque de masques.

Un fonctionnement toujours trop bureaucratique

Par ailleurs, l'ancien président socialiste dit également regretter un fonctionnement toujours trop bureaucratique du secteur hospitalier. "On a mis une suradministration, que le personnel rejette, un codage d'actes et la tarification qui les a obligés à remplir plus de papiers que de soigner", a-t-il expliqué, rappelant tout de même la création de 30.000 postes et l'augmentation de la masse salariale de 7%.

"L'hôpital a été d'une grande capacité de mobilisation et de réaction : passer de 5.000 lits de réanimation à 10.000, être capable de ne refuser aucun patient... Cela a supposé une mobilisation exceptionnelle des personnels. Tirons-leur un coup de chapeau, les Français ont applaudi, mais cela ne suffit pas", a estimé François Hollande.

"Trois décisions importantes" lors du "Ségur de la santé"

Selon lui, "trois décisions importantes" sont attendues lors du "Ségur de la santé". Tout d'abord "sur la gouvernance du système, où il faut donner beaucoup plus de souplesse aux hôpitaux et moins de contrôles tatillons", puis "sur les rémunérations" où il y a "un retard qui a été pris". Enfin, "il faut que l'organisation du travail soit différente", a-t-il ajouté.

En revanche, François Hollande a affiché son opposition à l'hypothèse de la fin des 35 heures pour les soignants, avancée par le ministre de la Santé Olivier Véran. "Il faut mettre de la souplesse, de la négociation, mais de grâce ne supprimons pas ce qui est regardé comme un acquis social", a-t-il estimé.

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