Crise financière : 345 Mds$ de pénalités infligées aux banques depuis 2009 !

Crise financière : 345 Mds$ de pénalités infligées aux banques depuis 2009 !
billets euros banque

Boursier.com, publié le mercredi 28 février 2018 à 19h50

Amendes, pénalités ou règlements à l'amiable... Les grandes banques ont payé cher leur complaisance, voire leurs comportements délictueux, ayant provoqué en 2007-2008 la crise des crédits à haut risque ("subprimes") aux Etats-Unis.

Selon une étude du Boston Consulting Group (BCG), dont le quotidien 'Les Echos' fait état mercredi sur son site internet, les grandes banques américaines et européennes ont été condamnées à verser plus de 345 milliards de dollars de pénalités financières de 2009 à 2017, soit l'équivalent d'environ 13% du PIB annuel de la France (2.570 Mds$ en 2017).

Seulement 6% des sommes captées par les autorités européennes

Ces chiffres sont toutefois inférieurs à la réalité, les décomptes du BCG ne retenant (jusqu'en 2015) que les coûts supérieurs à 50 millions de dollars, et ne concernant que les 50 plus grandes banques de la planète, précisent 'Les Echos'.

Les montants en jeu ont été très largement perçus par les autorités et les consommateurs américains, et seulement à 6% par les régulateurs européens. La crise, initiée aux Etats-Unis où des crédits immobiliers très risqués avaient été distribués sans discernement, s'était rapidement répandue mondialement via des produits financiers titrisés, avec des conséquences politiques, sociales et monétaires qui se font encore sentir actuellement.

5 Mds$ pour Goldman Sachs, 9 Mds$ pour BNP Paribas

Premières responsables, les banques nord-américaines ont donc payé le plus lourd tribut, avec un total de 220 milliards de pénalités de dollars sur la période, surtout infligées entre 2012 et 2014 . A la mi-2014, Citigroup avait ainsi écopé d'une amende de 7 Mds$ pour son rôle dans la crise des "subprimes". Deux ans plus tard, Goldman Sachs a déboursé 5 Mds$ pour les mêmes raisons.

Les banques européennes se partagent logiquement le solde (un tiers du total) avec 125 Mds$, principalement versés aux gendarmes bancaires américains. Le groupe français BNP Paribas a ainsi dû verser près de 9 Mds$ pour rupture d'embargo et l'allemand Deutsche Bank a réglé 7,2 Mds$ pour son rôle dans les "subprimes".

La BCE chargée de la supervision depuis 2014

L'étude montre que la crise financière a été traitée de façon plus radicale aux Etats-Unis, où les autorités américaines ont perçu près de 200 Mds$ de pénalités, soit 55% du total, au bénéfice des finances publiques. Les consommateurs américains ont eux aussi été dédommagés pour la crise immobilière américaine, mais aussi pour les ventes abusives de produits financiers.

Les régulateurs européens ont en revanche été bien plus timides, et n'ont perçu depuis 2009 que 22 Mds$, soit à peine 6% du total... La relative indulgence des autorités européennes pourrait s'expliquer en partie, selon le BCG, par le fait que jusqu'en 2014, les gendarmes bancaires européens avançaient en ordre totalement dispersé, avant que la BCE ne prenne en charge le rôle de superviseur bancaire unique.

200 nouvelles réglementations bancaires par jour !

Le cabinet d'études estime que le secteur bancaire devrait continuer à subir des pénalités importantes dans les années à venir, compte-tenu du durcissement de la régulation bancaire. Le BCG estime qu'en moyenne 200 nouvelles réglementations sont publiées chaque jour dans le monde, dont certaines très structurantes, qu'il s'agisse de transparence sur les marchés (Mifid 2) ou de protection des données personnelles des consommateurs.

"Avec l'évolution du rôle et la spécialisation des régulateurs européens, les banques vont affronter une pression croissante sur leurs procédures de contrôle et de conformité", souligne le rapport.

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