Crise: "nous sommes loin d'être sortis d'affaire" selon le gouverneur de la Banque de France

Crise: "nous sommes loin d'être sortis d'affaire" selon le gouverneur de la Banque de France
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à Fukuoka le 8 juin 2019

AFP, publié le mardi 09 juin 2020 à 09h34

Si l'activité a redémarré depuis la levée progressive du confinement le 11 mai, "nous sommes loin d'être sortis d'affaire", a estimé mardi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, l'institution anticipant une récession d'environ 10% cette année.

"L'économie française est en train de remonter assez rapidement du plongeon brutal de mars, mais nous sommes loin d'être sortis d'affaire", a-t-il déclaré sur France Info peu après la publication par la Banque de France de ses projections économiques jusqu'en 2022.

Depuis le début du déconfinement, "nous avons remonté en gros la moitié" de la perte d'activité enregistrée durant le confinement, et il faudrait attendre la mi-2022 pour retrouver le niveau d'activité d'avant la crise, a-t-il ajouté.

La confiance des ménages, des entreprises et des prêteurs de la France sera l'élément clé du rebond de l'économie, a-t-il ajouté.

"On sort du temps des pompiers", avec les mesures d'urgences prises par le gouvernement pour maintenir en vie les entreprises et les salaires des Français, notamment via le chômage partiel ou les prêts garantis par l'Etat, a noté le gouverneur.

"Il fallait éteindre l'incendie, il fallait mettre l'économie sous tente à oxygène (...) c'est fait et c'est plutôt bien fait", et même mieux que dans d'autres pays européens, a-t-il estimé.

Dans la deuxième étape qui arrive désormais, M. Villeroy de Galhau a jugé "souhaitable qu'il n'y ait pas de hausse d'impôts et que nous différions dans le temps le reboursement de la dette", qui va gonfler jusqu'à 120% du PIB cette année.

"Globalement (...) il ne faut pas refaire l'erreur qui avait été faite par un certain nombre de pays européens après la précédente crise, c'est de remonter vite les impôts après la crise", a-t-il estimé.

Si certains des dispositifs d'urgence pourront être maintenus mais en les réduisant, l'un des principaux défis sera de "traiter le problème de la solvabilité de certaines entreprises", a prévenu le gouverneur.

"On va se retrouver avec un certain nombre d'entreprises qui sont viables économiquement (...) mais fragilisées finacièrement", a-t-il ajouté, jugeant nécessaire de mobiliser "entre 10 et 30 milliards d'euros" à la fois par une intervention privée et publique pour soutenir les fonds propres de ces entreprises.

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