Crise sanitaire : le gouvernement appelle les Français à télécharger "TousAntiCovid"

Crise sanitaire : le gouvernement appelle les Français à télécharger "TousAntiCovid"
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Boursier.com, publié le vendredi 23 octobre 2020 à 06h59

L'application rebaptisée "Tous Anti Covid" est une version "enrichie et interactive" de la première application "StopCovid", a indiqué le ministère de la Santé.

Après le "flop" de "StopCovid", la nouvelle version de l'application de traçage réussira-t-elle à inverser la tendance auprès des Français ? Comme l'avait annoncé Emmanuel Macron, le gouvernement a présenté la seconde mouture de l'outil de traçage des malades du Covid-19. Lors d'une conférence de presse jeudi soir, Cédric O a appelé les Français à télécharger "TousAntiCovid". "L'ensemble des communications du gouvernement intégreront TousAntiCovid", a-t-il indiqué.

"Nous travaillons à des campagnes sur les réseaux sociaux pour mettre en avant le soutien quasi-unanime de la communauté médicale mais aussi du secteur de la restauration, du théâtre vivant, du cinéma, pour inciter les Français à télécharger l'application lorsqu'ils vont dans un établissement accueillant du public", a ajouté le secrétaire d'Etat au numérique.

"J'appelle tous les restaurateurs, tous les tenanciers de bar à nous aider à rappeler l'utilité de cette application. C'est quelque chose dont nous aurons besoin dans la durée", a-t-il insisté. Selon le ministère de la Santé, l'application rebaptisée "TousAntiCovid" est une version "enrichie et interactive" de la première application "StopCovid" qui doit ainsi permettre d'alerter et d'être alerté en cas de proximité avec une personne testée positive.

Quelques nouvelles fonctionnalités

L'objectif reste le même... L'outil permet à chacun "d'être acteur de la lutte contre l'épidémie" et doit être considéré comme "un geste barrière supplémentaire que l'on active dans tous les moments où on doit redoubler de vigilance : au restaurant, à la cantine, quand on va dans une salle de sport, quand on participe à un événement professionnel, quand il y a un risque que tout le monde ne respecte pas les autres gestes barrières", précise-t-il.

Outre "un environnement visuel et une ergonomie optimisés", "TousAntiCovid" prévoit quelques nouvelles fonctionnalités, telles qu'un centre d'informations, proposant des informations sur la situation épidémiologique en France ainsi que des actualités en lien avec la lutte contre l'épidémie de Covid-19, l'accès à "DépistageCovid", la carte des centres de dépistages actualisée et avec des informations sur les temps d'attentes remontées par les utilisateurs, ou encore un service nommé "MesConseilsCovid" pour avoir des conseils personnalisés.

La nouvelle version de l'application, qui fonctionne grâce à la technologie Bluetooth, promet également une plus grande transparence avec la publication automatique et régulière des chiffres. Mais la nouvelle fonctionnalité la plus notable reste l'accès facilité à l'attestation dérogatoire de déplacement pour les zones concernées par le couvre-feu...

Pas compatible avec le système européen

Le gouvernement souhaite ainsi convaincre des Français dubitatifs de l'utiliser, alors que la première mouture de StopCovid a été téléchargée plus de 2,6 millions de fois depuis début juin. A titre de comparaison, son équivalent allemand, le "Corona-Warn-App", a été installée plus de 18 millions de fois depuis son lancement en juin en Allemagne, c'est nettement plus que toute autre application équivalente en Europe !

Par ailleurs, "TousAntiCovid" sera toutefois incompatible avec ses homologues européennes, comme l'avait souligné 'Europe1'. Le gouvernement a en effet choisi, au nom de la souveraineté numérique et pour protéger les données, de développer une application nationale, sans avoir recours à Apple et Google comme les autres pays européens...

"C'est la mission de l'Etat que de protéger les Français : c'est donc à lui seul de définir la politique sanitaire, de décider de l'algorithme qui définit un cas contact ou encore de l'architecture technologique qui protégera le mieux les données et les libertés publiques", avait justifié à l'époque Olivier Véran au 'Journal du Dimanche'...

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