Crise sanitaire : Les métiers de la "deuxième ligne" sortent de l'ombre

Crise sanitaire : Les métiers de la "deuxième ligne" sortent de l'ombre
grande distribution

Orange avec Boursier.com, publié le jeudi 20 mai 2021 à 06h33

Moins bien payés, plus souvent employés via des contrats précaires, ils affichent aussi un sentiment d'utilité sociale supérieur aux restes des métiers du privé.

Moins bien payés, plus souvent employés via des contrats précaires, ils affichent aussi un sentiment d'utilité sociale supérieur aux restes des métiers du privé.

Ils ont été particulièrement mis en avant notamment au début de la crise sanitaire... Le ministère du Travail (Dares) s'est penché sur les conditions de travail des travailleurs de la "deuxième ligne" du coronavirus.

Selon ce rapport, 4,6 millions de salariés du secteur privé ont encouru un risque de contamination depuis plus d'un an, en continuant d'apporter à la population les services indispensables à la vie quotidienne. Ces travailleurs appartiennent à 17 professions.

Les plus nombreux sont les conducteurs de véhicules, les agents d'entretien et les caissiers et employés de libre-service ; viennent ensuite les ouvriers du bâtiment, les aides à domicile et aides ménagères, les métiers du commerce alimentaire (bouchers, boulangers...) ainsi que les agriculteurs...

Hommes dans le bâtiment, femmes dans le soin

La plupart des métiers de la deuxième ligne présentent un niveau très élevé de ségrégation par genre : les femmes sont pratiquement absentes des métiers du bâtiment (1,2% parmi les ouvriers non qualifiés du gros oeuvre), tandis qu'elles représentent la quasi-totalité (95%) des aides à domicile et aides ménagères.

Plus des deux tiers des caissiers, employés de libre-service et des vendeurs de produits alimentaires sont également des femmes, tandis que les bouchers, charcutiers et boulangers sont à plus de 80% des hommes.

Plus souvent en CDD

En 2019, les salariés de la deuxième ligne étaient plus souvent en contrat à durée déterminée (10,5%) que l'ensemble des salariés du secteur privé (7,5%). Les CDD sont particulièrement répandus dans les professions de l'agriculture et du bâtiment et parmi les agents d'entretien (15% ou plus dans chacune de ces professions).

Les intérimaires sont plus nombreux également (7,2%, contre 3,1% pour l'ensemble des salariés), notamment parmi les ouvriers non qualifiés de la manutention (36%), des industries agroalimentaires (IAA) et du gros oeuvre du bâtiment, des travaux publics, du béton et de l'extraction (22% chacun).

Leurs salaires sont nettement inférieurs à ceux de l'ensemble des salariés (d'environ 30%). Compte tenu de ces niveaux de rémunération, la part des bas salaires (inférieurs à 1.246 euros net) est plus élevée dans les métiers de la deuxième ligne que dans l'ensemble du secteur privé (18%, contre 11,9%, soit 1,5 fois plus). Elle atteint 43% pour les aides à domicile et aides ménagères, 28% pour les ouvriers non qualifiés du second oeuvre du bâtiment, 27% pour les agents d'entretien, 26 % pour les maraîchers jardiniers viticulteurs, et les vendeurs en produits alimentaires, notent les auteurs de cette étude.

Utilité sociale

Le rapport montre par ailleurs que le sentiment d'utilité sociale est très hétérogène au sein des métiers de la deuxième ligne.

Particulièrement élevé pour les aides à domicile et aides ménagères (91%), il est supérieur à la moyenne des salariés du privé pour les maraîchers, jardiniers, les ouvriers du bâtiment sauf travaux publics, béton et extraction, les conducteurs de véhicule, les bouchers charcutiers boulangers et les agents d'entretien...

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