Croissance : la Banque de France un brin moins optimiste pour 2018

Croissance : la Banque de France un brin moins optimiste pour 2018©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 14 juin 2018 à 23h25

Les dernières statistiques économiques ont montré que la croissance économique a ralenti en Europe début 2018, notamment en Allemagne mais aussi en France. La Banque de France a confirmé jeudi cette tendance, tout en jugeant, dans ses dernières prévisions trimestrielles, que la croissance économique française restait "robuste" et "dynamique" au-delà de ce passage à vide de début 2018.

La Banque de France a néanmoins légèrement réduit sa prévision de croissance du PIB français de 1,9% à 1,8% en 2018. En cause : le "ralentissement temporaire" de l'activité en début d'année et une baisse de la consommation, qui devrait toutefois rebondir en 2019. Ce changement n'est pas d'ampleur, soulignent les économistes de la BdF et "la croissance française des prochaines années resterait dynamique".

Prévisions maintenues pour 2019 et 2020

Après la faiblesse du début 2018 (+0,3% au 1er trimestre et +0,3% prévu au 2ème), la croissance économique devrait repartir de l'avant pour retrouver "un rythme de 0,4% par trimestre" à partir de mi-2018 , a précisé l'institution monétaire, qui a maintenu inchangées ses hypothèses pour 2019 et 2020, à 1,7% puis 1,6%.

La consommation des ménages, devrait donc marquer le pas cette année, dans un contexte de remontée des prix de l'énergie et du tabac, qui limite les gains de pouvoir d'achat des ménages. Mais une amélioration devrait intervenir au fil de l'année, en particulier au moment où les mesures fiscales favorables aux ménages -- comme la baisse de la taxe d'habitation et la suppression des cotisations salariales -- seront effectives, ajoute la BdF.

L'investissement ralentirait mais resterait plus soutenu que le PIB, et les exportations, dans le sillage de la demande mondiale, seraient dynamiques, avec une contribution neutre du commerce extérieur net à la croissance sur l'horizon de projection.

La baisse du chômage se poursuivra, malgré le rebond de début 2018

L'inflation, mesurée par l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), augmenterait temporairement à 2% en moyenne annuelle en 2018 sous l'effet de la forte remontée des prix de l'énergie et des hausses de taxes sur le tabac et les carburants, avant de se replier à 1,5% en 2019. Elle se situerait en 2020 à 1,8%, grâce à la poursuite de la baisse du chômage qui entraînera une accélération des salaires.

Le rebond du chômage observé en début d'année (après sa baisse exceptionnellement forte en fin d'année 2017), ne remet toutefois pas en cause sa tendance baissière, qui se poursuivrait d'ici à 2020. Le taux de chômage passerait ainsi de 9,2% au premier trimestre 2018 à 8,2% fin 2020, son plus bas niveau depuis fin 2008, estime la Banque de France.

Les créations nettes d'emploi total seraient ainsi proches de 200.000 en 2018 puis elles se maintiendraient sur un rythme de l'ordre de 180.000 par an, malgré la baisse du taux de croissance du PIB, soutenues par la transformation du CICE en allègements de cotisations sociales employeurs.

Le gouvernement maintient sa prévision de 2% de croissance cette année

Fin mai, l'OCDE avait elle aussi réduit sa prévision pour la croissance française cette année, l'abaissant de 2,2% à 1,9%. De son côté, le gouvernement continue de tabler sur une hausse du PIB de 2% cette année, en raison des bons résultats enregistrés l'an dernier (2,2% de croissance), qui se répercutent mécaniquement sur ceux de l'année en cours.

Au niveau européen, la Banque centrale européenne, qui s'est réunie ce jeudi, a abaissé ses projections de croissance pour 2018 dans la zone euro, à 2,1%, contre 2,4% précédemment. Les prévisions pour 2019 et 2020 ont été respectivement maintenues à 1,9% et 1,7%. Comme la Banque de France, le président de la BCE, Mario Draghi, a jugé transitoire le ralentissement actuel de la croissance.

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