Croissance : le FMI revoit encore en baisse ses prévisions 2019

Croissance : le FMI revoit encore en baisse ses prévisions 2019©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 21 janvier 2019 à 21h10

La santé chancelante de l'Europe et les tensions commerciales ont amené le FMI à revoir une nouvelle fois en baisse ses prévisions de croissance mondiale. Les "Gilets jaunes" freineront la croissance en France, selon l'institution.

Le Fonds monétaire international (FMI) voit les nuages noircir encore au-dessus de l'économie mondiale. Après un premier coup de rabot annoncé en octobre dernier, le FMI a une nouvelle fois réduit, ce lundi, ses prévisions de croissance économique mondiale.

Cette année, la hausse du PIB global serait ainsi limitée à 3,5% au lieu des 3,7% encore prévus en octobre, et 3,9% auparavant... Le FMI, qui présentait ses prévisions à Davos, en Suisse, à la veille de l'ouverture du Forum économique mondial, s'est aussi montré plus prudent pour 2020, où la croissance est attendue à 3,6% contre 3,7% jusqu'ici.

"Une récession mondiale n'est pas au coin de la rue mais le risque d'un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté", a ainsi averti la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Elle a comparé l'économie mondiale avec le ski de fond : "nous avons besoin que tout le monde reste sur la piste".

L'automobile allemande en panne

"Cela va être plus laborieux, plus d'efforts seront nécessaires", a prévenu la patronne du FMI, citant la guerre commerciale, le ralentissement de la zone euro et le Brexit comme principaux risques à la croissance.

Le PIB de la zone euro devrait ainsi plafonner à 1,6% cette année contre 1,9% précédemment. L'Allemagne, première économie de la zone euro, subit la plus forte révision en baisse (-0,6 point à 1,3%) en raison de la crise du secteur automobile, affecté par de nouvelles normes environnementales, le ralentissement de la demande et les barrières commerciales.

Le FMI appelle Paris à "traiter les vraies préoccupations" des "Gilets jaunes"

La croissance devrait aussi décevoir en France, avec 1,5% cette année (contre 1,6% attendu jusqu'ici), essentiellement à cause du mouvement des "Gilets jaunes", qui a perturbé l'activité, notamment dans le commerce.

Au passage, la nouvelle économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, a appelé les dirigeants français à s'occuper du "mécontentement" dans la société. "Ce sont de vraies préoccupations qui doivent être traitées", a-t-elle ajouté en réponse à une question sur les risques politiques et, notamment, le mouvement des "gilets jaunes".

Le FMI aussi cité le dérapage du budget de l'Italie et les incertitudes autour du Brexit comme facteurs de risque politique en Europe.

La Chine sur une pente savonneuse

La projection pour les Etats-Unis (abaissée en octobre) a été maintenue à 2,5% cette année et 1,8% en 2020, le FMI anticipant une bonne résistance de la demande intérieure. Le fonds a aussi maintenu ses prévisions pour la Chine, à 6,2% cette année et l'an prochain, tout en mettant en garde contre un risque de nouvelle dégradation en cas de guerre commerciale à grande échelle avec les Etats-Unis.

Pékin a annoncé ce lundi que le PIB de la Chine a ralenti à 6,6% en 2018, après 6,8% en 2017, tombant à son rythme le plus lent depuis près de 30 ans, en 1990...

Les pays émergents devraient croître au rythme de 4,5% cette année contre 4,7% attendu précédemment, ces économies étant en butte à une série de risques accrus : tensions commerciales, hausse des taux directeurs américains, hausse du dollar, fuite des capitaux et volatilité des prix du pétrole.

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