Croissance : optimisme pour 2018, malgré un pouvoir d'achat rogné

Croissance : optimisme pour 2018, malgré un pouvoir d'achat rogné©Boursier.com
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Boursier.com, publié le mardi 19 décembre 2017 à 20h41

La croissance du PIB de la France devrait atteindre 1,9% en 2017, sa meilleure performance depuis 6 ans, estime l'Insee dans sa dernière note de conjoncture publiée mardi. Cette tendance soutenue devrait se poursuivre début 2018, grâce à un environnement international favorable et une demande intérieure portée par l'investissement.

L'Insee a revu en hausse ses prévisions de produit intérieur brut (PIB) pour le 4ème trimestre à 0,6% et pour l'ensemble de 2017 à 1,9%, soit dans les deux cas 0,1 point de plus que précédemment. Une performance qui frôle celle de 2011 (+2,1%) après laquelle la croissance française a ralenti autour de 1% par an, frappée par les suites de la crise financière mondiale...

Pour 2018, l'Institut national de la statistique estime que le PIB devrait progresser de 0,5% au premier trimestre, puis de 0,4% au deuxième. L'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année atteindrait déjà 1,7% au 30 juin prochain, ce qui correspond au niveau que le gouvernement attend pour la totalité de 2018.

Le climat des affaires au plus haut depuis 2008

Les entrepreneurs abordent l'an prochain avec un moral au beau fixe. Le climat des affaires est à son meilleur niveau depuis début 2008 et l'embellie a désormais gagné tous les secteurs. L'optimisme des chefs d'entreprise se traduit par leurs investissements, tout particulièrement ceux en produits manufacturés dont le rythme annuel de progression reste élevé (+4,1% attendu en 2017 après +4,2% en 2016).

Du côté des ménages, les investissements (dans le logement essentiellement), devraient eux bondir de 5,2% en 2017, après une hausse de 2,4% en 2016, ce qui permettra de compenser les effets d'un ralentissement de leur consommation, dont le rythme de croissance devrait être divisé par deux (à 1,2%) d'une année sur l'autre.

L'an prochain, l'investissement des ménages devrait ralentir tout en restant dynamique, en liaison avec la stabilisation du marché de l'immobilier neuf. Dans son point de conjoncture dévoilé ce mardi, la Fédération française du bâtiment (FFB) a dit tabler sur une croissance de 2,4% de l'activité en volume en 2018, après +4,7% attendu en 2017. Un ralentissement lié selon la FFB au durcissement des dispositifs d'incitation fiscale et de la hausse des prix dans le logement neuf.

La consommation des ménages, maillon faible au 1er semestre

En revanche, la consommation des ménages devrait rester le maillon le plus faible de l'économie au premier semestre 2018... Ainsi, le pouvoir d'achat des Français va connaître un coup de frein en début d'année en raison d'un calendrier fiscal très défavorable, marqué par des hausses des taxes sur le tabac et les carburants, ainsi que de la CSG (qui sera compensée par une baisse de cotisations en deux étapes, en janvier et en octobre).

Les choses s'amélioreront cependant au second semestre, qui bénéficiera du plein effet des baisses de cotisations sociales et de la taxe d'habitation, auxquels il faut ajouter l'aménagement de l'impôt sur la fortune et l'entrée en vigueur du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital.

Côté entreprises, l'investissement se maintiendrait à un niveau élevé en 2018, tandis que l'investissement public devrait de son côté repartir après cinq années consécutives de baisse. L'Institut prévoit enfin une contribution du commerce extérieur à la croissance devenant nettement moins négative, voire neutre, après celles de 0,8 et -0,5 point de PIB de 2016 et 2017 : le déficit des échanges de produits manufacturés sera compensé l'an prochain par les excédents de l'agriculture et du tourisme ainsi que par un rebond des exportations d'énergie.

Poursuite d'une lente décrue du chômage en 2018

Dans ces conditions, l'économie française devrait encore créer de l'ordre de 100.000 emplois marchands au premier semestre 2018, soit à peine moins que lors des six derniers mois de 2017 (106.000). Mais avec la nette baisse des emplois aidés, les créations nettes globales sont aujourd'hui tombées à un rythme semestriel de 70.000 unités, un rythme que l'Insee voit se prolonger au début de l'an prochain.

L'emploi total progresserait néanmoins plus vite que la population active et le taux de chômage diminuerait un peu, à 9,4% à la fin 2018, soit seulement -0,1 point sur un an en raison de la baisse des emplois aidés.

 
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