Cuba: le salaire minimum multiplié par 5, le prix du pain par 20

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Une affiche indique "Les CUC ne sont pas acceptés" dans une épicerie de La Havane, le 15 septembre 2020 à Cuba
Une affiche indique "Les CUC ne sont pas acceptés" dans une épicerie de La Havane, le 15 septembre 2020 à Cuba
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© AFP, YAMIL LAGE

AFP, publié le vendredi 11 décembre 2020 à 21h33

Le salaire minimum à Cuba sera multiplié par cinq et le prix du pain vendu via le carnet d'approvisionnement par 20 dans le cadre de la réforme visant à unifier les deux monnaies locales à partir du 1er janvier, selon les détails publiés vendredi au Journal officiel.

Le président Miguel Diaz-Canel a annoncé jeudi soir cette réforme, promise depuis des années mais sans cesse repoussée, qui mettra fin à la dualité monétaire en vigueur sur l'île depuis 26 ans mais entraînera une hausse générale des prix.

La réforme fera disparaître en six mois le peso convertible ou CUC, aligné sur le dollar et né justement en 1994 pour accompagner puis remplacer cette devise. Ne restera que le peso cubain ou CUP, qui vaut 24 fois moins.

La mesure est destinée à rendre l'économie cubaine plus efficace et plus lisible pour les investisseurs étrangers, à un moment où l'île, affectée par le renforcement de l'embargo américain et privée pendant des mois des devises du tourisme en raison de la pandémie de coronavirus, a besoin d'argent frais.

Pour compenser la forte inflation attendue, "il est nécessaire d'établir un salaire minimum dans le pays qui garantisse la satisfaction des besoins essentiels du travailleur et de sa famille, ainsi qu'une échelle de salaires applicable à tous les travailleurs", précise une résolution du ministère du Travail, publiée au Journal officiel.

Le texte établit "le salaire minimum du pays à 2.100 pesos cubains par mois", 87 dollars, soit une hausse de 525% par rapport au salaire minimum actuel (17 dollars).

Il fixe aussi 32 échelons de salaires selon le type d'emploi et les heures travaillées, le plus élevé étant à 9.510 pesos (396 dollars).

Actuellement, le salaire moyen sur l'île est de 879 pesos cubains, soit 37 dollars, selon le Bureau national des statistiques.

Par ailleurs, le pain quotidien de 80 grammes que chaque Cubain reçoit via le livret d'approvisionnement (libreta), grand symbole de l'égalitarisme cubain, verra son prix, inchangé depuis 40 ans, multiplié par 20.

Son tarif restera toutefois modique: il passera de 5 centimes de peso cubain à un peso, soit 4 centimes de dollar.

Les prix des services essentiels comme l'eau, le gaz, l'électricité et le transport augmenteront aussi, de même que les impôts.

Le Journal officiel a publié vendredi la liste des nouveaux prix de nombreux produits, dont certains sont vendus à prix bas via la "libreta".

Le gouvernement a déjà prévenu qu'il souhaitait supprimer la majorité des subventions, qui sont un soutien essentiel pour les entreprises d'Etat mais aussi pour les habitants. A terme, le carnet d'approvisionnement disparaîtra, seules certains aliments et médicaments étant maintenus à bas prix.

Le processus, annoncé dès 2013 mais régulièrement repoussé dans l'attente du meilleur moment pour le faire, survient dans le pire contexte: l'économie cubaine devrait chuter de 8% cette année, selon les prévisions de la Cepal, commission économique de l'ONU pour l'Amérique latine.

En manque de devises, le pays a dû restreindre ses importations, ce qui a aggravé les pénuries et les files d'attente devant les supermarchés.

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