D'ExxonMobil à Eni, les majors pétrolières prospèrent avec le rebond des cours

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ExxonMobil et Chevron aux Etats-Unis, Eni en Italie, ont tous annoncé vendredi avoir remonté la pente au premier trimestre, après des pertes abyssales en 2020, grâce à la remontée des prix du baril d'or noir.
ExxonMobil et Chevron aux Etats-Unis, Eni en Italie, ont tous annoncé vendredi avoir remonté la pente au premier trimestre, après des pertes abyssales en 2020, grâce à la remontée des prix du baril d'or noir.
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AFP, publié le vendredi 30 avril 2021 à 17h36

ExxonMobil et Chevron aux Etats-Unis, Eni en Italie, ont tous annoncé vendredi avoir remonté la pente au premier trimestre, après des pertes abyssales en 2020, grâce à la remontée des prix du baril d'or noir.

ExxonMobil et Chevron aux Etats-Unis, Eni en Italie, ont tous annoncé vendredi avoir remonté la pente au premier trimestre, après des pertes abyssales en 2020, grâce à la remontée des prix du baril d'or noir.

Certains pays allégeant les restrictions liées à la pandémie et les campagnes de vaccination s'accélérant, l'activité économique reprend de la vigueur et dans son sillage, la demande en énergie.

Les cours du pétrole en profitent à plein: le baril de Brent de la mer du Nord a atteint en moyenne 61,1 dollars au cours du trimestre, contre 50,1 dollars un an auparavant et 44,2 dollars au quatrième trimestre de 2020.

Ce rebond remplit les poches des pétroliers: ExxonMobil a gagné 2,7 milliards de dollars entre janvier et mars, Chevron 1,38 milliard de dollars et Eni 856 millions d'euros.

La tendance était la même pour d'autres géants européens du pétrole qui ont diffusé leurs résultats ces derniers jours, avec de gros profits pour BP (4,7 milliards de dollars), Shell (5,7 milliards de dollars) ou encore Total (3,3 milliards de dollars).

Cette embellie est alimentée par la hausse des cours mais aussi par des réductions de coûts passant parfois par des licenciements massifs et par la baisse drastique des investissements. 

Toutes ces entreprises "poussent probablement un gros soupir de soulagement face au revirement des prix sur le marché, sur lesquels elles n'ont pas vraiment de contrôle", a relevé Stewart Glickman, spécialiste du secteur pétrolier pour le cabinet CFRA.

Les cinq plus grandes compagnies privées du monde (BP, Chevron, ExxonMobil, Shell et Total) avaient cumulé des pertes nettes de 77 milliards de dollars l'an dernier.

"Pendant toute cette période, nous n'avons jamais perdu de vue les fondamentaux à long terme de notre activité", a souligné le PDG d'ExxonMobil Darren Woods lors d'une conférence téléphonique. "Nous savions que les économies se rétabliraient, que les populations et le niveau de vie continueraient de croître, ce qui entraînerait finalement la demande pour nos produits et une reprise du secteur."

- Face aux investisseurs activistes -

Eni a quand même fait part de prudence pour les mois à venir, estimant que "le rééquilibrage du marché mondial du pétrole et la reprise de la consommation de carburant en 2021 sont soumis à un risque continu lié à l'impact de la pandémie de Covid-19 sur un certain nombre de grandes économies mondiales".

Le bond des cours du pétrole et du gaz naturel a en tout cas permis à ExxonMobil et Chevron de compenser les difficultés dans le raffinage, l'activité consistant à transformer les produits brut en essence, diesel ou kérosène. 

Les marges y "restent sous leur moyenne des 10 dernières années en raison d'une offre trop abondante et de niveaux de stocks élevés", a souligné ExxonMobil qui a perdu de l'argent dans cette activité au cours des quatre derniers trimestres.

Chevron aussi en pâtit, ses activités de raffinage lui ayant rapporté 5 millions de dollars au premier trimestre, contre 1,1 milliard sur la même période en 2020. 

Les deux groupes américains ont également perdu de l'argent à cause de la vague de froid qui s'est abattu en février dans le sud des Etats-Unis. Elle a entravé l'extraction de pétrole et de gaz et l'activité des raffineries situées le long des côtes du Golfe du Mexique pendant plusieurs jours. 

ExxonMobil et Chevron n'ont pas prévu pour l'instant de faire remonter fortement leurs dépenses d'investissement, "sans doute pour se donner le temps de réduire leur endettement", a avancé M. Glickman. 

Les majors américaines restent aussi en retrait par rapport à leurs homologues européennes sur leurs investissements dans les énergies renouvelables. 

"ExxonMobil dit en gros que pour lutter contre le changement climatique, ils préfèrent se concentrer sur des activités adjacentes à leur coeur de métier" comme la capture du carbone, a relevé M. Glickman. 

"Sous la pression d'investisseurs activistes, ils essaient quand même d'expliquer un peu mieux ce qu'ils font aux marchés", a-t-il ajouté. 

Lors de l'assemblée générale des actionnaires le mois prochain, le groupe fera notamment face à la société Engine N°1, qui milite pour que la major pétrolière envisage plus sérieusement les énergies alternatives et a obtenu le soutien des trois plus grands fonds de pension américains.

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