Dans le Lot-et-Garonne, pas de bonnet d'âne à l'école des bourricots

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 A l'Ecole nationale des ânes maraîchers (Enam), en Lot-et-Garonne, la fine fleur des bourricots et des agriculteurs font l'apprentissage, en tandem, d'un labour de haute-précision, pas cher et "écolo".

A l'Ecole nationale des ânes maraîchers (Enam), en Lot-et-Garonne, la fine fleur des bourricots et des agriculteurs font l'apprentissage, en tandem, d'un labour de haute-précision, pas cher et "écolo".

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© AFP, MEHDI FEDOUACH
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AFP, publié le lundi 11 décembre 2017 à 11h05

A l'Ecole nationale des ânes maraîchers (Enam), en Lot-et-Garonne, la fine fleur des bourricots et des agriculteurs font l'apprentissage, en tandem, d'un labour de haute-précision, pas cher et "écolo".

Sur cinq hectares de prairie, une dizaine de baudets triés sur le volet accompagnent ces maraîchers de tous âges qui préfèrent l'âne travailleur au tracteur.

Les qualités requises pour intégrer la voie royale de l'Enam ? Pour l'animal, "un bon mental et une morphologie costaud, 300 kilos pour 1,30 mètre de haut", explique Pascal Sachot, directeur de l'Enam.

Côté humain, une saine motivation et 273 euros suffisent pour trois jours "d'initiation à la traction asine" dans cette ferme-école de Villeneuve-sur-Lot, unique en France.

D'emblée, le directeur de l'établissement tord le cou aux idées reçues: "l'âne n'est ni bête, ni têtu!".

- "Major de la promo" -

Dans l'écurie, le major de la promo, c'est Diabolo, un "Pyrénées" noir et volontaire. Dès potron-minet, il attaque le sillon gelé par le froid piquant de l'automne, dans un brouillard à couper au couteau.

Une demi-douzaine d'agriculteurs convertis au "bio" ou fraîchement installés avec peu de moyens, sont venus d'Ile-de-France, Occitanie ou Nouvelle-Aquitaine pour apprendre aussi l'art de biner l'épinard, butter la salade, ou griffer la blette sur 5.000 m2 de "tunnels" (serres).

Les yeux encore embrumés de sommeil, les stagiaires s'exercent à tour de rôle à la conduite sur sillons avec maître Diabolo. Jean-Luc Richevon, 50 ans, se met en position, guides (rênes) en main, trois mètres derrière "l'âne-école".

Cinq mots, cinq petits mots magiques pour établir la relation fusionnelle avec l'animal: "Holà" (pour l'arrêt), "marche", "recule", "gauche", "droite". Pour sa première fois, Jean-Luc tâtonne, s'emmêle et s'exaspère.  

Ferme rappel à l'ordre de l'instructeur en chef: "donner la bonne consigne au bon moment, et ne jamais changer le code. L'intonation de la voix fait tout: la sanction, l'avertissement ou l'encouragement", assène M. Sachot.

Qui de l'âne ou de l'apprenti-maraîcher conduit l'autre ? Diabolo repère vite les cancres et "rectifie les erreurs", s'amuse M. Sachot. 

Jean-Luc Richevon exploite trois hectares de vigne dans le Médoc. Pour lui, "le gros avantage de l'âne, c'est qu'on peut l'utiliser pour le labour même en mauvaises conditions, parce qu'il fait moins de dégâts qu'un tracteur". L'âne à la vigne, "c'est aussi un bon outil de promotion pour le domaine" qui se revendique "bio".

- Mémoire d'âne -

Educatrice récemment reconvertie dans le maraîchage bio, Camille Foriche, 28 ans, milite pour un retour à "une agriculture, moins intensive, plus humaine", mais rentable quand même. 

"Avec un cheval, explique la maraîchère, il faut 80 cm entre les rangs. Pour un âne 40 cm suffisent. Donc sur la même surface, on peut produire deux fois plus de légumes".

A la ferme-école, l'exercice frise la haute voltige: les baudets peuvent évoluer dans des couloirs d'à peine 20 cm.

"Le percheron n'avance que par la répétition, l'âne retient la chose apprise pour la vie", serine M. Sachot. 

D'où l'intérêt pour Camille d'apprendre "à ne pas faire n'importe quoi avec Fidji", son ânon de deux ans acquis l'an dernier, explique-t-elle. La maraîchère girondine est ici "pour faire (son) éducation", mais aussi son marché. Elle repartira sans doute avec l'âne Eratxu, moyennant 2.500 euros (hors taxe). Une bagatelle au regard des dizaines de milliers d'euros que lui coûterait l'achat d'un tracteur tout équipé.

Comme elle, à la fin de chaque session, une bonne moitié des stagiaires de l'Enam se laisse convaincre de rentrer à la maison avec un bourricot du cheptel.

"L'âne laboureur, c'est zéro pétrole, zéro bruit, zéro tassement du sol", et un dévouement inconditionnel au maître, martèle Pascal Sachot au fil des stages. "L'animal est sensible, affectueux, et peut se jeter dans le feu pour vous, ajoute l'expert, mais il ne faut JAMAIS le trahir", insiste-t-il. 

 
2 commentaires - Dans le Lot-et-Garonne, pas de bonnet d'âne à l'école des bourricots
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    ajlbn -

    Un ours polaire décharné, à l'agonie, devient un symbole du changement climatique


    Statut : refusé

    Il y a 11 minutes


    Il serait bon qu'un expert réellement indépendant de tout lobby se penche sur la fonte des glaciers. Un explorateur a fait l'amère expérience ( Y Bourgnon) il devait trouver une mer dégagée et s'est retrouvé bloqué par des glaces "qui n'existaient pas puisque non prévues par la météo". Dans cette affaire de climat des intérêts énormes sont en jeux, et certains se font une fortune sur les peurs et les fausses informations ou manipulations! Notre vie sur cette planète mérite plus et mieux! Par exemple, la première cause de destructions massives, d'horreurs, de crimes, de viols, de déplacements, de blessures profondes, de misères, de pollutions durables de la terre, de l'air, de l'eau, des plantes, et de toutes choses vivantes, sont les armes et les guerres. Il suffirait de les interdire, et ce serait un marqueur fort et incontestable de la volonté de nos dirigeants de nous préserver et de préserver notre environnement. Quant aux iles et terres qui par endroits sont menacées, il faudrait rappeler que certaines terres sont des atolls de corail, qui ne supportent pas les charges imposées, et s'enfoncent. Quant aux riches, qui ne sont surement pas suicidaires, ils continuent à acheter des iles et des grosses villas les pieds dans l'eau, ou des résidences sur des iles artificielles quasi au niveau des mers. Curieux! Ou alors ils sont de bons matelas de survie bien gonflés de billets flottants.
    15<<<< compteur du nombre de fois censuré et repassé;

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    JON-DE-LIONNE -

    de la censure , encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article :
    Hommage à Johnny : TF1 et France 2 allument l'audimat
    Statut : refusé
    Il y a 25 minutes
    le 11 12 2017 à 09 33

    Tout l'art de Johnny était de chanter la culture Française dans ce registre particulier.

    C'est ça aussi la France et son art unique que d'aucuns qualifiaient dans le passé "d'exception culturelle Française".

    Il était si représentatif de cet art et de cette monoculture que les US ne l'ont pas reconnu comme un de leurs rockers.

    Alors quoi d'étonnant à ce que des chaînes de TV fassent de l'audience quand l'art Français voit disparaître un Rocker emblématique de la culture française ?

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