Déconfinement : la SNCF et la RATP demandent l'aide des forces de l'ordre

Déconfinement : la SNCF et la RATP demandent l'aide des forces de l'ordre©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 04 mai 2020 à 10h27

Dans un courrier adressé à Edouard Philippe, les transporteurs publics ont prévenu qu'ils n'hésiteront pas à fermer leur ligne pour éviter tout débordement...

A une semaine du début du déconfinement, les transporteurs publics tirent la sonnette d'alarme... Dans un courrier en forme d'avertissement adressé à Edouard Philippe, que 'Le Point' a pu consulter, la SNCF, la RATP, Keolis, Transdev et des indépendants s'inquiètent de ne pouvoir faire respecter les gestes barrières dans les transports et ont ainsi demandé la mobilisation des forces de l'ordre dans les bus et sur les rails.

Soutenus par le président de l'Union des transports publics (UTP), les opérateurs estiment qu'il leur est "impossible de répondre d'une obligation de résultat qui pourrait être imposée" et redoutent des "troubles à l'ordre public" et de "fortes tensions" dans les trains et le métro, lors de la sortie du confinement prévue le 11 mai...

Pour rappel, lors de la présentation du plan de déconfinement, le Premier ministre avait laissé trois semaines aux principaux transporteurs publics pour "s'organiser" afin de permettre, "même dans le métro parisien", de faire respecter les gestes barrières. Il avait également annoncé que le port du masque sera désormais obligatoire dans les transports publics pour lutter contre la pandémie de Covid-19, faute de quoi une amende de 135 euros serait appliquée.

Droits de retrait et assignations judiciaires

Mais "après plusieurs jours de travail et de concertation avec l'ensemble des parties prenantes, il apparaît que les transporteurs ne disposent pas, aujourd'hui, des moyens humains et des matériels de nature à satisfaire à une telle obligation", ont écrit Jean-Pierre Farandou (SNCF), Catherine Guillouard (RATP), Patrick Jeantet (Keolis) ou encore Edouard Hénaut (Transdev).

"Sans une très forte limitation du flux, la capacité d'emport des véhicules (bus et trains) devant être alors limitée au maximum à 10 et à 20% de leurs capacités", les gestes barrières ne pourront être respectés, selon les patrons, qui évoquent des "risques d'arrêt du service susceptibles de générer des troubles" et "des tensions sociales de la part du personnel", telles que droits de retrait ou assignations judiciaires.

Des contrôles, des sanctions et des stations fermées

Comme l'avait déjà expliqué le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Djebbari, la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne a confirmé ce lundi sur 'LCI' qu'il faudra "prévoir des contrôles et des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les règles" de distanciation sociale.

"Dans certains cas, nous n'excluons pas de fermer certaines stations pour pouvoir s'assurer que le flux d'entrée dans les transports en commun est bien maîtrisé", a également prévenu la ministre, précisant ces contrôles relèvent d'abord du "rôle des entreprises de transport public, avec des renforts de leurs équipes, de la sécurité civile, de la police municipale et avec le soutien des forces de l'ordre".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.