Déficit d'Autolib à Paris: l'opposition LR demande des comptes à la mairie 

Déficit d'Autolib à Paris: l'opposition LR demande des comptes à la mairie 
Une station à Paris des voitures électriques en libre service Autolib', gérées par le groupe Bolloré.

AFP, publié le jeudi 31 mai 2018 à 14h45

L'opposition LR à la mairie de Paris a demandé jeudi des comptes à la Ville sur la dette d'Autolib, après la parution d'un article du Monde selon lequel le groupe Bolloré demanderait plusieurs dizaines de millions d'euros par an pour combler le déficit d'exploitation. 

"Le contribuable parisien sera-t-il mis à contribution pour régler l'addition d'une nouvelle faiblesse de la Ville ?", a demandé dans un communiqué Pierre-Yves Bournazel, député et conseiller LR de Paris, faisant mention d'un autre dossier épineux pour la mairie, les "nombreuses défaillances" dans l'installation des nouveaux Vélib.

"Cette gestion hasardeuse sur des dossiers structurants est inquiétante pour les finances, mais pas seulement. Vélib et Autolib sont des services publics majeurs pour la mobilité des Parisiens et le développement durable", poursuit l'élu LR, pour qui "les services rendus ne sont pas à la hauteur de la capitale de la France" et illustrent des "dysfonctionnements" dans la gouvernance de la ville. 

La présidente du groupe LR au Conseil de Paris et maire du 5e arrondissement Florence Berthout a annoncé que son groupe allait demander la publication d'un audit sur Autolib. 

"Après le fiasco Velib, le fiasco Autolib", a également déploré la conseillère LFI Danièle Simonnet.

Selon les informations du journal Le Monde, la direction du groupe Bolloré a demandé le 25 mai dans un courrier que Paris et les 97 communes d'Île-de-France qui bénéficient du service de location de voitures électriques, lui versent quelque 40 millions d'euros par an jusqu'en 2023 pour combler le déficit cumulé du service. 

D'après Yann Wehrling (UDI-Modem), le groupe Bolloré annonce une dette de "293 millions d'euros" et réclame des collectivités "40 millions par an", ce qui viendrait confirmer les informations du quotidien. Les 60 millions d'euros de différence seraient quant à eux réglés par l'industriel, selon les termes du contrat négocié en 2011 sous le précédent maire PS Bertrand Delanoë.

Bruno Julliard, premier adjoint à la maire PS Anne Hidalgo a lui dénoncé un "montant largement excessif et en partie injustifié". "Nous contestons radicalement et fermement l'ampleur des chiffres", a-t-il insisté.

Le groupe Bolloré gère Autolib' jusqu'en 2023, dans le cadre d'une délégation de service public. Il a conçu les véhicules électriques Bluecar, vitrines de sa technologie de batteries, utilisés pour ce service pionnier de l'autopartage. Il s'est engagé à couvrir les pertes cumulées, jusqu'à 60 millions d'euros, à l'échéance du contrat.

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