Deliveroo: série de grèves des livreurs avant l'entrée en Bourse

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Livreur Deliveroo le 17 novembre 2016 à Camden Town, au nord de Londres, au Raoyaume-Uni
Livreur Deliveroo le 17 novembre 2016 à Camden Town, au nord de Londres, au Raoyaume-Uni
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© AFP, Daniel LEAL-OLIVAS

AFP, publié le jeudi 25 mars 2021 à 18h26

La plateforme de livraison alimentaire Deliveroo fait face dans les prochains jours à une série de mouvements sociaux dans le monde de la part de ses livreurs mécontents de leurs conditions de travail, à quelques jours de son entrée en Bourse à Londres.

La plateforme de livraison alimentaire Deliveroo fait face dans les prochains jours à une série de mouvements sociaux dans le monde de la part de ses livreurs mécontents de leurs conditions de travail, à quelques jours de son entrée en Bourse à Londres.

Cette opération boursière très attendue, souvent l'occasion pour une entreprise de se montrer sous son meilleur jour, relance le débat sur la précarité des livreurs de l'application dont la popularité a grandi avec la pandémie.

Au Royaume-Uni, où Deliveroo à son siège, un groupe de livreurs non affiliés à un syndicat a appelé à une grève pour dimanche.

D'autres livreurs, membre de l'IWGB, le syndicat des travailleurs indépendants britanniques, ont voté eux pour une action le 7 avril, jour de l'introduction en Bourse pour les petits porteurs, une semaine après le début officiel de la cotation réservée dans un premier temps aux investisseurs institutionnels.

En France, en lien avec la Fédération Internationale des Travailleurs du transport (ITF), la Fédération des Transports CGT appelle à la mobilisation vendredi, avec un appel à la grève prévu notamment à Bordeaux, Toulouse et Lyon.

Les livreurs se mobiliseront en lien avec le réseau international Rights4Riders ("Des droits pour les livreurs") et les organisations de livreurs dans les différents pays où la plateforme est implantée. Un mouvement est par exemple prévu à Syndey en Australie.

Le syndicat IWGB publie jeudi une étude d'un consortium de journalistes, Bureau of Investigative Journalism, montrant que les livreurs sont bien moins payés que ce que prétend la société.

Selon Deliveroo, les livreurs reçoivent plus de 10 livres de l'heure en moyenne au Royaume-Uni, mais une analyste de milliers de documents montrent que la moitié d'entre eux touchent bien moins, et souvent sont payés en dessous du salaire minimum qui est de 8,72 livres.

L'étude cite même le cas d'un livreur dans le Yorkshire (nord de l'Angleterre), qui a travaillé 180 heures et a touché l'équivalent de 2 livres par heure.

"Deliveroo nuit à la réputation du Royaume-Uni. Plus que jamais, les investisseurs potentiels doivent être conscients des sérieux risques liés à Deliveroo", souligne Henry Chango-Lopez, secrétaire général de l'IWGB.

Plusieurs poids lourds de la finance comme les géants de la gestion d'actifs Aberdeen Standard et Aviva Investors, ont déjà dit qu'ils ne souhaitaient pas investir dans Deliveroo en raison de ses pratiques sociales.

Ces dernières années, Deliveroo a régulièrement été épinglé pour la précarité de ses livreurs en Europe.

Au Royaume-Uni, ces derniers attendent la décision de la Cour d'appel de Londres qui doit dire s'ils peuvent bénéficier d'une convention collective afin d'avoir de meilleures conditions de travail.

La société, créée à Londres en 2013, travaille avec 115.000 restaurants dans 800 villes dans le monde et compte quelque 100.000 livreurs, reconnaissables aux imposants sacs à dos verts qu'ils portent en sillonnant les rues à vélo.

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