Déraillement du TGV Est en 2015: la SNCF et sa filiale mises en examen

Chargement en cours
 Des pompiers et des employés sur les lieux du déraillement d'un TGV à Eckwersheim près de Strasbourg le 15 novembre 2015

Des pompiers et des employés sur les lieux du déraillement d'un TGV à Eckwersheim près de Strasbourg le 15 novembre 2015

1/2
© AFP

AFP, publié le jeudi 21 décembre 2017 à 20h16

Deux ans après le déraillement du TGV d'essais en Alsace qui avait fait 11 morts, l'enquête a marqué cette semaine un tournant avec la mise en examen de la SNCF et de sa filiale Systra pour "blessures et homicides involontaires".

Le 14 novembre 2015, 11 personnes étaient décédées et 42 blessées dans ce premier déraillement mortel de l'histoire du train à grande vitesse depuis sa mise en service en 1981.

Désormais mis en examen pour "blessures et homicides involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité", le groupe ferroviaire et sa filiale vont avoir accès à l'intégralité de l'enquête menée depuis deux ans par les juges du pôle "Accidents collectifs" à Paris, qui s'attachent à établir les responsabilités pénales dans l'accident.

Les deux sociétés, dont trois employés font déjà l'objet des poursuites depuis un an, sont mises en cause notamment pour leurs manquements dans la formation et dans l'organisation de ces essais.

"Mes clients ne se réjouissent pas d'une mise en examen, mais veulent qu'on avance vers la vérité et que la justice passe", a réagi auprès de l'AFP Me Gérard Chemla, avocat de nombreuses victimes. La SNCF et Systra "vont maintenant pouvoir présenter leur défense", s'est-il félicité.

L'accident était survenu au lendemain des attentats de Paris et de Saint-Denis: la rame, qui testait une dernière fois l'ultime tronçon de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV), avait déraillé à l'entrée d'une courbe près d'Eckwersheim (Bas-Rhin), à 20 km de Strasbourg, avant de percuter un pont et de basculer dans la Marne.

Ce jour-là, des salariés du monde ferroviaire et des enfants se trouvaient parmi les 53 personnes à bord pour cet essai, un moment toujours attendu pour "la famille du train".

- Freinage 'trop tardif' -

Depuis octobre 2016, deux employés de la SNCF - le conducteur et son chef, le cadre traction - ainsi qu'un ingénieur de Systra étaient déjà poursuivis pour "homicides et blessures involontaires".

Les nouvelles mises en examen, prononcées mardi pour Systra, commanditaire des essais, et jeudi pour sa maison mère, s'appuient sur le rapport judiciaire remis en octobre dernier et sévère pour les deux entités.

Dans ses conclusions, dont l'AFP a eu connaissance, il confirme la thèse "d'une vitesse largement trop importante", conséquence d'"un enclenchement trop tardif du freinage". En mai, un rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait aussi validé ce scénario de freinage, "trop tardif de 12 secondes".

Mais qui devait déterminer la stratégie de freinage et les points kilométriques où l'enclencher? C'est l'une des questions clés.

La responsabilité de la SNCF est en cause notamment pour avoir "confié la conduite de la rame (...) à du personnel n'ayant pas l'expérience des essais en survitesse" et n'ayant pas reçu "une formation appropriée", écrivent les experts judiciaires.

"Personne dans l'équipe de conduite n'avait les informations nécessaires et les compétences requises pour déterminer de façon valable les points d'enclenchement du freinage", concluent-ils.

Une vidéo, diffusée par Envoyé spécial (France 2), montre les difficultés rencontrées par le conducteur pour ralentir comme prévu lors d'un essai trois jours plus tôt, sur le même tronçon. On le voit interrompre son freinage et se le faire reprocher par le cadre traction. Le film montre aussi ce dernier débattre d'estimations approximatives de points de freinage, au milieu de l'action et dans une ambiance détendue.

Le jour du drame, il avait dû répondre à un appel interphone pendant cette phase de freinage: "au plus mauvais moment", notent les experts.

Conséquence du freinage tardif, le train avait abordé la courbe à 265 km/h, alors que la vitesse prescrite pour cet essai sur cette portion était de 176 km/h. Au point de déraillement, il circulait encore à 243 km/h.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
4 commentaires - Déraillement du TGV Est en 2015: la SNCF et sa filiale mises en examen
  • avatar
    JUPYTON -

    Décision de justice pas très rapide pour une affaire de TGV.

  • avatar
    jacounet -

    Là il n'y avait pas de conductrice d'un car pour lui faire porter le chapeau !

    avatar
    motusi -

    J'allais écroire la même rêpense.

  • avatar
    pisept -

    n'oublions tout de même pas que la SNCF c'est la CGT-Sud Rail-FO! et que le nombre incalculable de grèves explique bien des choses!!! car comment peut-on faire son travail professionnellement correctement en étant en grèves tous les 4 matins? Le syndicalisme à la française est INCOMPATIBLE avec le professionnalisme!

    avatar
    papyboomm -

    vous oubliez que le manque de personnel le manque d'argent ben ça donne exactement ça des greves donc les gouvernements successifs sont largement responsables de ce s greves et ça yen a marre aussi cher monsieur marre des ministres qui ne pense qu'a une chose rayer les services publics de la carte et pare votre commentaire vous y participez allègrement bravo !

    avatar
    RandomAccess -

    Un service public qui devient très privé vu sa rareté ! Et pourtant l'argent ne manque pas ! Mais la SNCF a un train de vie dispendieux aux frais du contribuable...

  • avatar
    pisept -

    n'oublions tout de même pas que la SNCF c'est la CGT-Sud Rail-FO!

    avatar
    mdrrrr -

    oui et ? c'est les syndicats qui décident quels sont les personnels non formés qui doivent être désignés pour des essais de survitesse ?

    avatar
    ALLONZYDONC -

    mdrr: pas impossible, en cause primes, jours de congés supplémentaires (et encore plus si possible!), promotions futures, etc...
    il faut savoir comment fonctionne ce système des essais!

    avatar
    papyboomm -

    pisept raconte n'importe quoi encore un petit patron qui essaye de se venger derriere un clavier lachement et surtout inexactement ! c'est minable et petit cher monsieur !

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]