Des sociétés britanniques appellent à un sauvetage d'Eurostar

Des sociétés britanniques appellent à un sauvetage d'Eurostar
Actuellement, Eurostar n'offre plus qu'un seul aller-retour par jour entre Paris et Londres

AFP, publié le lundi 18 janvier 2021 à 11h34

Des dirigeants d'entreprises de Londres appellent le gouvernement britannique à participer à un sauvetage d'Eurostar, la compagnie ferroviaire transmanche mise à mal par la pandémie de Covid-19 et qui dit jouer sa survie.

Eurostar a besoin "d'une action rapide pour sauvegarder son avenir", déclare l'organisation patronale London First dans une lettre envoyée au ministre britannique des Finances Rishi Sunak. 

Ce courrier, dévoilé dimanche, a été signé par 25 dirigeants et universitaires.

London First presse le gouvernement d'offrir des aides similaires - baisses d'impôts, accès à des prêts - à celles apportées aux entreprises présentant un aspect stratégique confrontées à la même situation, telles que les aéroports.

L'organisation explique que la compagnie pourrait être à court d'argent dans les prochains mois. Le quotidien britannique The Telegraph évoque, lui, entre avril et l'été prochain.

"Sans financement supplémentaire du gouvernement, il y a un vrai risque pour la survie d'Eurostar", a prévenu un porte-parole de la compagnie en réaction à cette lettre.

La compagnie réitère sa demande aux pouvoirs publics d'étendre aux transports ferroviaires internationaux les prêts garanties consentis au secteur aérien.

Eurostar a déjà bénéficié en fin d'année 2020 d'une injection de 200 millions d'euros de ses actionnaires.

Le ministère britannique des Transports a lui affirmé que le gouvernement "échange énormément et régulièrement avec Eurostar depuis le début de l'épidémie".

"Nous continuerons de travailler avec eux alors que nous aidons à un redémarrage sûr et une reprise des voyages internationaux", selon un porte-parole du ministère.

Jusqu'à récemment, Eurostar était un symbole du succès des liaisons TGV en Europe. Mais la compagnie - détenue majoritairement par la SNCF -est désormais paralysée par la pandémie de Covid-19, ses plateformes et installations spéciales à Paris, Londres et Bruxelles étant quasiment désertées.

Pour l'heure, le groupe n'offre plus qu'un seul aller-retour par jour entre Paris et Londres, alors qu'avant la pandémie, Eurostar faisait circuler deux trains à l'heure aux périodes d'affluence.

"L'entreprise Eurostar est en situation critique, je dirais même très critique", avait déclaré le 15 janvier Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, l'unité passagers du réseau. La compagnie, qui fait rouler des trains à grande vitesse entre Londres et le continent, a perdu 85% de ses passagers en 2020 et se trouve "sous perfusion", selon lui. 

"La particularité, c'est qu'Eurostar a deux autres défauts: c'est une entreprise française en Angleterre, donc elle n'est pas aidée par les Anglais, et elle n'est pas aidée par les Français parce qu'elle est en Angleterre" (étant historiquement basée à Londres), avait-il relevé.

En outre, les restrictions de mouvements se durcissent: Paris exige désormais des voyageurs en provenance du Royaume-Uni un test de dépistage négatif avant de partir, suivi d'une quarantaine de sept jours en France et d'un deuxième test PCR, tandis que le Royaume-Uni a également adopté de nouvelles mesures de quarantaine.

Eurostar est détenue à 55% par la SNCF, à 40% par le consortium Patina Rail -composé pour 30% de la Caisse de dépôt et placement du Québec et 10% du fonds britannique Hermes Infrastructure- et à 5% par la SNCB belge.

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