Des usines Lactalis accusées de ne pas respecter le code de l'environnement

Des usines Lactalis accusées de ne pas respecter le code de l'environnement©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 20 octobre 2020 à 18h17

Quelque 38 usines du groupe laitier français "ont été ou sont toujours en violation du code de l'environnement", selon une enquête du média d'investigation 'Disclose'.

Après l'affaire du lait infantile contaminé, Lactalis au coeur d'une nouvelle polémique ? Pendant un an, le média d'investigation 'Disclose' en partenariat avec 'Mediapart', 'Brut', 'France Culture', 'The Guardian' et 'Envoyé Spécial', a enquêté sur l'impact environnemental des usines du géant mondial des produits laitiers au cours des années 2010 à 2020.

Cette enquête, dévoilée lundi et basée sur des dizaines de témoignages et des centaines de documents administratifs et judiciaires, révèle que "38 usines Lactalis ont été ou sont toujours en violation du code de l'environnement", le recueil de lois qui encadre le droit en la matière en France, "soit plus de la moitié des 60 établissements recensés et analysés".

Il s'agit d'usines fabriquant du fromage, des yaourts et du lait de consommation. "La particularité de ces usines : ce sont toutes des installations classées pour la protection de l'environnement, ou ICPE", précise le site web d'investigation.

De nombreuses usines condamnées

"Le statut d'ICPE, soumis à autorisation, encadre l'activité d'entreprises présentant un risque pour l'environnement, les autorisant notamment à déverser leurs eaux usées dans le milieu naturel", rappellent les auteurs de l'enquête. Mais elles doivent être préalablement dépolluées par une station d'épuration pour "respecter les seuils de substances chimiques et de matières organiques fixés par arrêté préfectoral", ajoutent-ils.

L'enquête cite de nombreux exemples, dont une fromagerie en Isère, qui "n'est toujours pas raccordée à une station d'épuration" et "déverse quelque 100.000 m3 d'eaux souillées par an". En 2019, l'industriel a été condamné à 100.000 euros d'amende dont 50.000 euros avec sursis pour "jet et abandon de déchets" dans l'eau.

"Des petites non-conformités"

Le média d'investigation évoque également le cas de la société laitière de Retiers, en Ille-et-Vilaine, filiale de Lactalis, condamnée à 250.000 euros pour avoir pollué la rivière La Seiche. Des cas où les analyses de rejets polluants effectués par Lactalis ne correspondraient pas à ceux réalisés par des inspecteurs ont également été relevés. "Parfois, les pollutions sont d'une telle ampleur qu'elles en deviennent visibles depuis les satellites survolant le parc régional du Vercors", note le média.

Contactée par 'Disclose', la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a tenu à rappeler que "le préfet agit sur un territoire, sur un environnement économique. Certaines décisions doivent donc tenir compte de l'environnement économique et social". "C'est pour cela que sur des petites non-conformités n'ayant pas d'incidence notable sur l'environnement il peut y avoir des moments où on se dit : 'là, ça peut passer parce que ce n'est pas grave'", a-t-elle justifié.

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